L'ENFANCE ET LA JEUNESSE DE PESTALOZZI
Premières années de Pestalozzi. — Sa première éducation. — Ses études. — Influence des écrits de Rousseau. — La Société helvétique. — Idées économiques de Pestalozzi. — Il se fait agriculteur. — Son mariage. — Insuccès de son exploitation agricole.
Henri Pestalozzi, issu d'une famille de réfugiés protestants italiens établie à Zurich vers le milieu du XVI** siècle, naquit dans cette ville le 12 janvier 1746. Son père, Jean-Baptiste Pestalozzi, qui avait alors vingthuit ans, jouissait d'une certaine réputation comme chirurgien et oculiste; mais il mourut en 1751, laissant sa femme dans une situation des plus modestes, avec la charge de trois enfants : Henri, alors^ à peine âgé de
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cinq ans, un frère âgé de six ans, qui plus tard devait prendre la mer pour ne plus revenir, et une plus jeune sœur.
Pestalozzi attribue lui-même à son éducation exclusivement maternelle, d'abord sa sentimentalité exagérée, et aussi l'absence des qualités viriles qu'une direction paternelle est seule capable de développer. Faible et délicat de naissance, n'ét^t jamais, comme il dit, a sorti de derrière le poêle n, il resta le plus maladroit et le plus gauche des enfants de son âge, dont il était la r^sée, et, ce qui était le plus grave, il n'apprit rien de la Vie ni de la connaissance des hommes. « Aussi », dit-il, a je devins naturellement dès mon enfance la victime de quiconque voulait se jouer de moi. » Le maître d'école affirmait d'ailleurs a qu'on ne tirerait jamais rien de cet enfant », et ses camarades se moquaient tous de lui è cause de sa physionomie désagréable, de sa négligence et de sa malpropreté extraordinaires.
Le grand-père de Pestalozzi, pasteur à Hongg, canton de^ Zurich, s'occupait beaucoup de l'école de son village, surveillant l'instruction des enfants, visitant les familles, exerçant en un mot un véritable rôle d'éducateur vis-àvis de la population dont la direction spirituelle lui était confiée *, et il n'est pas douteux que cet exemple, joint au spectacle des misères des populations rurales, n'ait frappé le jeune Pestalozzi et influé de bonne heure sur sa vocation.
Après avoir fréquenté d'abord l'école primaire, Pestalozzi passa au petit collège, puis au gymnase de Zurich (Collegium humanitatis) et enfin au Carolinum, appelé aussi Collegium publicum y sorte de gymnase supérieur, où enseignaient deux hommes célèbres dans l'histoire de la littérature allemande, Bodmer et Breitinger, qui devaient exercer sur lui la plus grande influence. Il reconnaît lui-même qu'il ne profita pas toujours de l'enseignement donné dans ces établissements autant qu'il eût été dési-