‹ Pestalozzi et l'éducation populaire moderneChapitre 10 sur 152 · SON ENFANCE ET SA JEUNESSE · texte numérisé non relu

SON ENFANCE ET SA JEUNESSE

rable. D'ailleurs les professeurs du Garolinum étaient des hommes fort distingués, sans doute, et de haute culture, mais n'ayant pas assez le sentiment des nécessités de la vie pratique. « Liberté^ indépendance ^ bienfaisance, dévouement et amour de la patrie : tel était lemot'd'or^^iiâ^ de notre éducation publique. Mais on négligeait de donner le m\)yen d'arriver à tout cela, c'est-a-dire de fonder la culture intellectuelle sur un développement suffisant et solide des facultés pratiques les plus indispensables pour atteindre ce but *. » * ^

L'apparition de VÉmile vint à ^iiQpos pour surexciter ces aspirations idéa^les. « Mon esprit déjà trop porté aux utopies et trop peu aux choses pratiques fût saisi /*^ d'enthousiasme à la lecture de ce livre, si plein d'utopies et si^ éloigné des choses pratiques^. » Comme tant d'autres, Pestalozzi crut trouver dans les doctrines de Rousseau le «remède universel » qui devait régénérer l'éducation et par la le genre humain.

Le Contrat social fit égàfement sur lui une impression profonde, qui eut pour résultat de le faire renoncer à la carrière ecclésiastique à laquelle il se destinait comme la plupart des élèves du Garolinum, et de lé déterminer à embrasser celle du droit, qui lui paraissait plus propre à lui donner les moyens, tôt ou tard, d'être utile à ses concitoyens et à sa patrie. Mais il fut dissuadé de ce projet par son ami Bluntschli, qui l'adjura de ne pas embraser une carrière que son caractère bon et confiant rendrait pour lui fort dangereuse : « Cherche une carrière calme et paisible », lui dit-il, « et ne te livre jamais à aucune entreprise importante sans avoir près de toi un homme calme et de sang-froid, ayant la connaissance des hommes et des choses, si tu ne veux pas t'exposer aux dangers d'un grand échec.^»

1. Schwanengesang^% 163. Dans un article intitulé Agis, paru en 1766 dans les Lindauer Nachrickten, Pestalozzi nous montre un roi de ce nom réformant les mœurs de Lacédémone d'après les idées de Rousseau. (Ed. Seyffarth, vol. VIII.)

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