‹ Pestalozzi, étude biographiqueChapitre 13 sur 202 · DE 1768 A LA RUINE M L*INSTITUT DE NEUHOF · texte numérisé non relu

DE 1768 A LA RUINE M L*INSTITUT DE NEUHOF

Les parents d'Anna Schulthess ne tinrent pas longtemps rigueur à leur fille. Trois mois à peine après le mariage, nous voyons déjà Pestalozzi et sa jeune femme passer chez eux les fêtes de Noël. Dans les premiers mois de Tannée suivante, M™® Schulthess et ses fils font plusieurs séjours à Miiligen, et des sommes assez importantes sont envoyées par le père Schulthess à son gendre, pour aider à l'entretien du ménage.

Pestalozzi établit à grands frais sur ses terres une plantation de garance ; en outre, il consacra une partie des capitaux dont il disposait à faire construire, au centre des terrains qu'il avait achetés, des bâtiments comprenant une grange et une maison d'habitation, dans le style d'une villa italienne. Ses amis lui remontrèrent en vain l'inutilité de cette construction coûteuse : il ne voulut rien entendre. En attendant l'achèvement de la nouvelle maison, il continuait d'habiter à Mûligen avec sa femme. Mais à peine quelques mois s'étaient-ils écoulés que le banquier Schulthess commençait à se montrer inquiet de son argent. Il vint en personne, en avril 1770, voir comment les choses se passaient, et l'impression qu'il emporta de cette visite fut désastreuse ; rentré à Zurich, il écrivit à Pestalozzi qu'il regardait l'entreprise comme marchant à la ruine. Pestalozzi répondit par une lettre qu'on a conservée * ; on y voit que le banquier lui reprochait d'avoir dépensé 6000 florins de trop; Pestalozzi se justifie par des considérations générales, promet d'ailleurs de procéder toujours avec la plus stricte économie, demande l'envoi de 200 à 300 florins pour continuer les constructions commencées, et déclare que^ si le banquier s'y refuse, il aura « ruiné la meilleure entreprise du

Page 1