‹ Pestalozzi, étude biographiqueChapitre 152 sur 202 · lbid,y p · texte numérisé non relu

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3. Les jugements portés sur l'écrit de Schmid par Niedereret Krûsi sont aussi beaucoup plus indulgents que ne pourrait le faire supposer leur attitude ultérieure à l'égard de son auteur. (Voir dans Morf, IV, p. 257, des extraits de lettres écrites par eux en novembre 1810.) Un fait significatif, c'est qu'en iSU la brochure de Schmid est portée* sur la liste des ouvrages en vente à l'institut d'Yverdon même. {kh'S>, PcstalozzVs Anstrengunyen fur Men^chenbildung, 1815, p. 19.) .

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un tribut d'éloges à Niederer, « le premier de ses fils », à Kriisi, « bon et simple comme un enfant », et aux autres maîtres, il s'écriait : « Et toi, Schmid, que j'aimais tant, où es-tu? pourquoi ne te vois-je pas en ce jour parmi les miens *? »

Après la publication de sa brochure, Schmid, qui cherchait un emploi dans renseignement public, séjourna successivement à Munich et à Vienne. En 1812, le gouvernement bavarois ' lui confia Ja direction d'une école à Bregenz. Un rapprochement commença alors à s'opérer entre lui et ses anciens collègues d'Yverdon ^. Il

i. Schmid, il faut le remarquer, n'a jamais désavoué les idées exprimées dans son opuscule de 1810. En 1847, dans sa brochure Intitulée Pestalozzi und sein Neuhof, il en parle comme d'un document nécessaire à consulter pour la connaissance de l'histoire intérieure de l'institut d'Yverdon, et il ajoute : « J'ai d'autant plus le droit de renvoyer le lecteur à cet écrit, qu'on a pu à juste titre, dès cette époque, le regarder comme étant bien plus l'œuvre de Pestalozzi que la mienne. Le livre intitulé PestalozzVs Lebensschicksale n'est rien autre chose que la confirmation pure et simple de la brochure publiée seize ans auparavant à Heidelberg. »

2. On sait que, depuis 1805, le Tyrol et le Vorarlberg avaient été détachés de l'Autriche et annexés à la Bavière.

3. Dans un nouvel écrit, publié en 1811, tout en maintenant sa condamnation des instituts en général, il dit, au sujet de l'institut d'Yverdon : « Il y a dans la création de la maison de Pestalozzi quelque chose d'auguste et de sacré. Et ce souffle saint qui lui a donné la naissance anime encore l'àme du grand vieillard. Aussi, lorsque Pestalozzi nous dit : « Je veux être le « père de centaines d'enfants, et les élever avec des centaines « de frères », il est incontestable que cet homme est plus grand que celui qui n'est le père que d'un seul enfant; et l'enfant qui a appris de lui à être le frère de centaines d'autres, est plus grand et plus fort que celui qui n'est le frère que d'un seul. Il est permis à Pestalozzi de parler ainsi, et nous devons croire à sa parole, aussi longtemps qu'il conservera sa force. On me pardonnera donc de penser qu'il a le droit — mais lui seul — d'être le père de centaines d'enfants, et de dire que personne ne doit avoir la prétention de l'imiter, comme s'il était aussi pur que lui. » (Morf, IV, p. 393.)

n'avait pas cessé de correspondre avec Pestaiozzi *. Dans Tautomne de 1812, il envoya de Bregenz à Yverdon le programme de son école; Niederer le lut, l'approuva et écrivit à Schmid pour le lui dire; Schmid répondit amicalement '. Les relations se trouvèrent ainsi renouées. Peu de semaines après, Schraid vint faire une visite à Yverdon, et y fut reçu à bras ouverts ; il donna dans l'institut des conférences auxquelles assistèrent les maîtres et les élèves adultes ^ Il y revint

1. Pestaiozzi dit dans une lettre à Murait, du 11 juillet i^i'2 : • Schmid m'écrit toujours très amicalement; il travaille à sa manière avec beaucoup d'énergie, mais aussi avec énormément de présomption ». (Morf, IV, p. 394.)

2. Niederer écrit (14 novembre 1812) : « Cher monsieur Schmid. Dans votre activité actuelle je reconnais votre esprit et votre cœur, comme je croyais vous avoir connu jusqu'à une année avant votre séparation d'avec M. Pestaiozzi... Vous connaissez mon opinion, et vous savez que je n'approuverai jamais votre attitude ultérieure, ni votre écrit sur les instituts, ni plusieurs des idées qui y sont contenues. Je vous le dis avec la franchise qu'un homme doit à un homme, et pour que vous ne vous mépreniez pas au sujet de la 'liberté que je prends de vous écrire. Ce n'est point une captatio ôenevolentiae, une tentative pour vous gagner. En revanche, je ne vous cacherai pas davantage que ce que vous dites sur l'école élémentaire de Bregenz m'a p.aru vrai et excellent, et m'est allé au cœur. S'il dépendait de moi , je répandrais vos paroles dans le monde entier. Vous avez parlé là en homme, en chrétien et en éducateur, d'une manière digne d'un disciple de Pestaiozzi. » {Wahrheit und Irrthum, p. 8.) — Schmid répond (28 novembre 1812) : « Cher monsieur Niederer, Je vous remercie cordialement de votre bonne lettre. Vous nie reconnaissez de nouveau dans mon activité actuelle; cela peut et doit nous rapprocher plus que nous ne l'avons jamais été. Les hommes peuvent différer d'opinion sur bien des choses, et par suite, s'engager dans des voies différentes; mais ils doivent être unis dans leur but, et s'ils ont l'esprit assez haut et assez libre, ils peuvent s'élever au-dessus de la différence des opinions; c'est là, s'il plaît à Dieu, ce qui arrivera aussi pour nous. « (Morf, IV, p. 393.)

3. Note de Niederer, dans les PestalozzVsche Blàtter, t. I, p. 191.

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encore Tannée suivante, comme nous le verrons tout à 1 heure.

En avril 1811, la Diète suisse, réunie à Soleure, s'occupa du rapport des trois commissaires, imprimé et distribué aux gouvernements cantonaux l'année précédente. Elle jugea qu'elle n'avait aucune résolution à prendre, puisque Pestalozzi ne demandait rien, et que les commissaires ne proposaient rien; elle se contenta donc d'exprimer à Pestalozzi la reconnaissance de la patrie, et cette déclaration toute platonique termina l'affaire.

Mais, si les conséquences de Tenquête de 1809 furent nulles au point de vue des résultats officiels, il n'en fut pas de même quant à l'effet produit sur l'opinion publique. Le rapport du Père Girard fournit à ceux que la tentative de Pestalozzi avait choqués dans les préjugés de leur routine une occasion propice pour manifester leur mauvais vouloir.

Une première attaque parut au moment même où la Diète votait à Pestalozzi les remerciements dont nous avons parlé. Le numéro du 13 avril 1811 des Gôttingische gelehrte Anzeigen publia, sous la forme d'un compte-rendu du rapport, une dénonciation jésuitique où l'institut d'Yverdon était représenté comme « inspirant à ses élèves l'aversion pour le christianisme, la haine contre les autorités, le mécontentement contre les institutions sociales, et développant en eux des opinions révolutionnaires ». Ce pamphlet anonyme était l'œuvre du professeur Ch.-L. de Haller, de Berne. Pestalozzi et ses amis jugèrent qu'il était indispensable de se défendre contre une pareille agression. Sous ce titre : UInstitut pestalozzien au public *, Niederer fit paraître, en août 1811 , une vigoureuse réponse ;

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