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Das Pestalozzische Institut an das Publikwn

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il y repoussait avec indignation les imputations de l'écrivain anonyme, et se livrait ensuite à une apologie en règle de l'institut et de la méthode, discutant point par point le rapport du Père Girard, et revendiquant surtout pour Pestalozzi le mérite de l'invention, que le cordelier fribourgeoïs lui avait dénié. Les trois commissaires, sommés par Niederer d'opposer aux calomnies du journal de Gœttingue une déclaration publique, répondirent (12 septembre) en disculpant l'institut des accusations portées contre lui par le professeur Haller, mais en maintenant les appréciations de leur rapport. Quelques jours plus tard, un nouvel adversaire entrait en lice contre l'institut : le chanoine {Chorherr) Bremi, de Zurich, publia dans trois numéros successifs d'un journal hebdomadaire zuricois, la Zûricher-Zeitung^ de Bûrkli, trois douzaines de questions suscitées par la brochure de Niederer * ; il y traitait surtout de l'enseignement religieux, et il faut avouer que la plupart des arguments par lesquels il cherchait à prouver que les tendances de l'institut n'étaient pas véritablement chrétiennes portaient juste. Pestalozzi sentit combien cette intervention de l'ecclésiastique zuricois dans le débat était dangereuse pour sa cause ; aussi fit-il les plus pressantes démarches pour obtenir de Bremi une rétractation; n'ayant pu y parvenir, il essaya, sans plus de succès, de le traduire en justice; et ce ne fut qu'à la dernière extrémité qu'il se décida à publier une réponse, en laissant de côté, autant que possible, le terrain religieux où il se sentait embarrassé, et en s'adressant au patriotisme de ses concitoyens*. Nie-

1. Bescheidene Fragen an das Pestalozzische Institut, veranlassl durch dessen Appellation an das Publikum.

2. Ein offenes Wort eines gekrànkten alten Patrioten an seine Vaterstadt.

l'institut dSverdon : deuxième période (1810-1817). :^9

derer, pendant ce temps, faisait imprimer une seconde édition, considérablement augmentée, de sa brochure défensive, sous ce titre : Uenirepnse éducative de Pes-^ talozzi et ses rapports avec la civilisation contemporaine; première partie * (mars 1812) ; puis, sur une nouvelle attaque du chanoine *, il écrivit une vive réplique, intitulée Justification définitive de Vinstitut pestalozzien contre ses calomniateurs, réponse aux questions et éclaircissements sur le libelle du sieur Bremi^ chanoine à Zurich ^ (1813). Enfin, en juin 1813, parut, en un volume de 446 pages, la seconde partie de l'ouvrage V entreprise de Pestalozzi et ses rapports avec la civilisation contemporaine : c'est une réimpression de la réponse de Pestalozzi au chanoine Bremi et de Fécrit de Niederer Justification définitive, auxquels sont joints un certain nombre de documents explicatifs. Mentionnons encore une Lettre adressée par Pestalozzi au conseiller prussien Delbrûck (Brief an den Herm Geheimrath Delbrûck), qui fut imprimée en brochure en avril 1813, puis insérée dans le second volume de la publication de Niederer *.

Si nous avons donné tous ces détails, c'est que l'histoire de l'institut d'Yverdon pendant les années 1811, 1812 et 1813 se réduit à peu près à celle de cette polémique, qui absorba le meilleur des forces de Pestalozzi

1. PestalozzCs Erziehungsunteniehmiing im Verhàltnisa zur Zeitkultur; erste Abtheilurig; Yverdon, 1 vol. de 454 pages.

2. Ueber die Schrift : PestalozzVs Erziehungsunternehmung, etc.

3. Schliessliche Rechfertigung des Pestalozzischen Institutes gegen seine Verlaumder durch Beantwortung der Fragen und Beleuchtung der Schmcihschrift des Heirn Bremi, Chorherrn von Zurich, Yverdon, 1813.

4. Delbrûck, ancien précepteur du prince de Prusse, élail venu faire un séjour à Yverdon en 1812 pour y éfudier la méthode; il y fut logé dans la famille de Guimps. (De Guimps, p. 483).

et de Niederer, et qui obéra d'une façon désastreuse le budget de l'établissement Une imprimerie et une librai» rie avaient été installées au château, pour rirapression et la vente des publications de l'institut; mais celte entreprise, loin d'être une source de bénéfices, devait se terminer plus tard par une liquidation ruineuse.

Une opération qui eût été plus avantageuse au point de vue financier eût été la conclusion d'un traité avec un éditeur pour la publication des œuvres complètes de Pestalozzi. Dans un voyage que Niederer fit à Stuttgart en octobre 1810, il parla de cette idée à Wangenheim *; celui-ci offrit de trouver l'éditeur désiré. Par son intermédiaire, des négociations furent commencées avec le libraire Cotta en 1811, mais elles traînèrent en longueur pendant deux ans sans aboutir, par suite de la négligence et du manque de sens pratique de Niederer et de Pestalozzi, et furent enfin abandonnées.

Nous avons à mentionner encore un écrit de Pestalozzi qui appartient à cette période. Pendant une maladie qui dura plusieurs mois, et qui était la conséquence d'un accident fort singulier *, il commença à rédiger une histoire de sa vie et de ses établissements. Cet écrit devait être intitulé : Pestalozzi malade au public (Der kranke Pestalozzi an das Puhlikum) L'auteur ne jugea pas à propos de le publier alorîj; mais ce travail, resté inédit, fut plus tard intercalé dans le Schwanenyesang '.

L'institut recevait toujours beaucoup de visiteurs. Pestalozzi, désormais, identifiait le succès de son établissement avec celui de ses idées ; il en faisait dépendre

\. Sur Wangenheim, voir plus haut, p. 255, n. 1.

2. Pestalozzi s'était enfoncé dans l'oreille, en janvier 1812, une aiguille à tricoter, qui avait pénétré dans les os du crâne. (De Guimps, p. 371; Morf, IV, p. 306.)

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