‹ Pestalozzi, étude biographiqueChapitre 154 sur 202 · Morf, IV, pp · texte numérisé non relu

Morf, IV, pp

l'institut d'yVERDON : deuxième période (1810-1817). 301

Tavenir de sa méthode; car, pour le grand public, c'était au degré de réussite pratique de l'institut que devait se mesurer la valeur théorique de la doctrine. Dans son désir extrême de donner aux visiteurs une bonne opinion de son œuvre, Pestalozzi organisait pour eux des exhibitions qui n'étaient pas exemptes d'un certain charlatanisme naïf; mais c'était lui-même qui le plus souvent jouait le rôle de dupe, par les illusions qu'il se faisait sur les sentiments de ces étrangers. On lit dans l'autobiographie de Ramsauer :

Chaque fois qu'il se présentait un nouveau visiteur, Pestalozzi allait trouver les maîtres en qui il avait le plus de contîance, et leur disait : « Voici un personnage important, qui veut tout examiner eh détail. Montre-lui ce que nous savons faire, prends tes rheilleurs élèves, prends tes cahiers d'enseignement, et fais-lui voir ce que nous pouvons et voulons. » Cent et cent fois arrivèrent ainsi de simples curieux, parfois lout à fait sots et ignorants, qui venaient à Yverdon uniquement parce que c'était la mode, et que Pestalozzi prenait toujours pour des visiteurs d'imporJance. Il nous fallait, en leur honneur, interrompre l'enseignement des classes et faire passer devant eux aux élèves une espèce d'examen. Il n'était pas rare, en été, qu'il vînt des étrangers au château quatre ou cinq fois dans la même journée, et que nous dussions, à cause d'eux, interrompre les leçons deux, trois et quatre fois.

En 1814, on annonça l'arrivée à Yverdon du . prince Esterhazy. Peslalozzi, à cette nouvelle, se mit à courir par toute la maison en criant : « Ramsauer, Ramsauer, où es-tu? Viens vite avec tes meilleurs élèves (pour la gymnastique, le dessin, le calcul et la géométrie); il faut les conduire à la Maison-Rouge (l'hôtel où était descendu le prince); c'est un personnage très considérable, immensément riche; il a des milliers de serfs en Hongrie et en Autriche; il ne manquera pas de fonder des écoles et d'affranchir ses serfs, si nous parvenons à le gagner à notre cause. » J'amenai une quinzaine d'élèves avec moi à l'hôtel, et Pestalozzi me présenta au prince en ces termes : « Voici l'instituteur de

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