‹ Pestalozzi, étude biographiqueChapitre 157 sur 202 · Publié par Biber, Beifrnt/ oie,., p · texte numérisé non relu

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sieurs collaborateurs capables. Nabholz, il est vrai, dont on avait espéré le concours, n'avait pu venir, et Niederer ne réussit pas non plus à décider le musicien Nageli à quitter Zurich pour Yverdon. Mais Jullien envoya de Paris, en février, un maître distingué, Boniface *, le futur grammairien ; et en même temps un Allemand très capable, Stern, entra à l'institut comme maître de latin et de grec. Schmid, à qui Niederer continuait à écrire des lettres pressantes, lui parlant d'un « triumvirat » à former pour le salut de l'institut», remit sa démission aux autorités autrichiennes, et promit qu'il arriverait à Yverdon en avril, v

]^mc Pestâlozzi, bien qu'elle quittât Neuhof à regret '\ revint prendre sa place aux côtés de son mari, rame-

1. Alexandre Boniface (1190-1841) était un élève d'Urbain Domergue, et s'était déjà fait connaître par diverses publications lorsqu'il se rendit à Yverdon, où il séjourna trois ans. Il fonda plus tard à Paris, en 1822, une maison d'éducation dont il garda la direction jusqu'à sa mort. Sa Grammaire française a fait longtemps autorité. — M. de Guimps, qui fut l'élève de Boniface à Yverdon, parle de lui en ces termes (p. 383) : « Boniface avait le naturel, la gaieté, la vivacité et les saillies d'un vrai gamin de Paris, mais en même temps il était bon et simple de cœur; il ne lui fallut pas longtemps pour comprendre, pour admirer et pour aimer Pestâlozzi; il devint le centre de tout ce qui parlait français, et son influence fut excellente. Les enfants l'aimaient, car il se faisait leur camarade, et ils le respectaient, bien que son extérieur fût peu imposant; petit de taille, il était excessivement myope, et portait habituellement des pantoufles rouges ou vertes, ce qui alors semblait à Yverdon une prodigieuse excentricité. »

2. Le 10 février : « Seul je ne puis rien; tu sais ce qui me manque. Mais avec toi et une couple d'autres hommes nobles et distingués, je ne doute pas de la réalisation d'un ciel pédagogique sur la terre ». Le 13 février : « Pestâlozzi, toi et moi, nous formerions un triumvirat... Si tu acceptes de venir travailler ici fraternellement à mes côtés, réponds par le retour du courrier. • {Wahrheit und Irrthum, pp. 14 et 15.)

3. Lettre à sa belle-sœur M"* Grosse, publiée dans les Pestalozzi-BMtter. 1884, p. li.

L*INSTITUT d'yVERDON : DEUXIÈME PÉRIODE (1810-1817). 3l7

nant avec elle la fidèle Lisabeth. Elles arrivèrent à Yverdon au milieu de mars 1845, à la grande joie de Pestalozzi. Lisabeth fut réinstallée dans ses fonctions de ménagère.

Schmid fit sa rentrée à l'institut au commencement d'avril, comme il l'avait annoncé.

Nous avons déjà rappelé le grand bouleversement J

politique qui signala Tannée 1814. Nous devons nous i

y arrêter un instant, à propos d'un écrit de Pes- I

talozzi qui fut provoqué par ces mémorables événements. Pestalozzi s'était réjoui de la chute de Napoléon, en qui il voyait un enneitii de l'éducation populaire ; il espérait que les souverains alliés, qui avaient promis à leurs peuples la liberté, tiendraient leur parole. Il ne tarda pas à être désabusé. Le rétablissement de la paix, tout au moins, fut le résultat du triomphe de la coalition. Un autre résultat, moins satisfaisant, fut la modification apportée dans la constitution politique de la Suisse; des coups d'État au profit des patriciens eurent lieu dans les principales villes; l'Acte de médiation fut aboli et remplacé par un Pacte fédéral, que le Congrès de Vienne sanctionna en 1815, et qui ramena la Suisse de vingt ans en arrière. Pestalozzi, cette fois encore, jugea de son devoir de citoyen de faire entendre sa voix au milieu de la crise : il écrivit en 1814 et publia en 1815 une brochure politique, assez volumineuse, mais qui n'eut aucune influence sur l'opinion. Très déclamatoire et reproduisant une partie des idées des Nachforschungen, l'appel de Pestalozzi A l innocence, au sérieux et à la magnanimité de mon époque et de ma patrie * est une

1. An die Unschuld, den Ernst tind den Edelmuth meines Zeitallers und meines Vatcrlandes; Yverdon, 1815.

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