Pàdagogische Blatter de Kehr, 1881, p
PESTALOZZI ÉCRIVAIN, DE 1780 A 1782. 39 î
de Wildenstein, pour y rendre visite au bailli Fellenberg* ; M'»« de Fellenberg, qui ne le connaissait pas, était assise sous un arbre devant la porte ; comme il s'approchait d'elle pour la saluer, elle crut avoir affaire à un pauvre qui demandait l'aumône, et lui tendit une pièce de monnaie; au même moment survint Fellenberg, et grande fut la stupéfaction de la noble dame de voir son mari embrasser avec effusion le prétendu pauvre, et le lui présenter ensuite comme son ami le philanthrope de Neuhof. La singulière habitude qu'avait Pestalozzi de tenir sans cesse entre les dents un des bouts de sa cravate prêtait aussi à rire : même à l'église, dit Huber % où il allait régulièrement tous les dimanches et où il avait une stalle réservée dans le chœur, on le voyait mordiller machinalement ce lambeau de batiste pendant l'office, et sa manie donnait des distractions aux fidèles'.
1. Le patricien bernois Daniel de Fellenberg (mort en 1800) administra de 1779 à 1785 ce même bailliage de Schenkenberg qui avait eu avant lui pour baillis Tscharner et Graffenried. Le château de Wildenstein, en face de Wildegg, était la résidence des baillis. Daniel de Fellenberg, qui professa ensuite le droit, puis devint membre du Petit-Conseil de Berne, fut le père du célèbre Emmanuel de Fellenberg, dont nous aurons à parler souvent. M"* de Fellenberg était une Hollandaise, arrière-petitefille du célèbre amiral Van Tromp.