Il y portait le nom de Numa. (Barruel, ibld., p
2. Voir plus haut, p. 34, note, la lettre de Tscharner à Iselin du 19 décembre 1778.
3. Après l'insuccès de la démarche tentée à Berne pour sauver rinstitut de Neuhof, Pestalozzi écrit à Iselin : « Je vous en conjure, au nom de la cause de la vérité, veuillez m'aider de votre influence à trouver le plus tôt possible un asile pour mon institut. Je ne demande point d'argent, ou du moins la somme nécessaire n'est-elle pas assez importante pour faire hésiter. Je voudrais seulement obtenir de quelque prince la résidence gra-
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vraisemblable qulselin était affilié à Tordre des Illuminés, et que ce fut lui qui y fit entrer à son tour Pes-
tuite sur un domaine à la campagne, et quelques enfants pauvres dont Je serais le père et avec lesquels je travaillerais sans bruit. Quand je devrais pendant des années travailler pour la réalisation de mon but, n'ayant que de l'eau, du pain, des pommes de terre et un toit de chaume, j'irais en soyriant audevant des privations et je serais certain du succès de ma persévérance... Je renouvelle ma prière, mon très honoré ami : je cherche un ministre qui soit homme, en quelque endroit de la terre qu'il se trouve; et si je le trouve grâce à vous, je me rendrai auprès de lui cet été même. » (Lettre du 9 avril 1779.) Au printemps de 1780, il écrit de nouveau : «< D'importants projets m'appellent à Berlin; je m'y rendrai peut-être dans quelques semaines. Il s'agit de mon plan d'éducation... Je réclame de votre amitié le service de me donner quelques adresses, mon désir étant de voir quelque ministre éclairé qui puisse me venir en aide... J'ai formé des résolutions propres à relever mon cœur et mon activité en dissipant les erreurs des jugements injustes; je suis poussé à ces résolutions par l'impossibilité de réaliser en Suisse une entreprise de quelque importance; je désire obtenir une audience d'un ministre prussien; je ne lui demanderai qu'une chose, c'est de m'entendre. Je sais que dans votre position il vous est facile de m'aplanir les voies pour atteindre ce but, et je vous prie instamment de me répondre un mot à ce sujet. » (Lettre sans date, d'avril ou de mai 1780.) — Un an plus tard ; « Je suis heureux de n'avoir aucun travail qui me retienne en Suisse. Avec le succès de mon livre, mon désir de rentrer dans la vie active et de réaliser mon programme sur une échelle plus vaste s'empare de moi toujours plus fortement; et je ferai tout pour pouvoir utiliser pratiquement les connaissances que j'ai si chèrement achetées. Mais tous les jours je sens davantage que, pour ce que je voudrais être, la Suisse est trop étroite. » (Lettre du 14 mai 1781.) — « J'espère que mon essai sur l'infanticide montrera d'une manière décisive que je puis être employé dans l'administration gouvernementale {dass ich bei Hegierungsstellen brauchbar)\ je ne puis le cacher, mon désir d'être employé activement est presque invincible. >• (Lettre du 5 juillet 1781.) — L'année suivante, Iselin s'étant avisé, probablement à la lecture de quelque morceau du Sckweizerblatt, qu'il pourrait bien y avoir en Pestalozzi l'ctolTe d'un auteur dramatique, celui-ci lui écrit : « Quant à l'objet principal de votre lettre, je dois vous confesser franchement que l'idée que je possédais quelque aptitude pour le théâtre m'était déjà venue plus d'une fois; mais jusqu'à présent l'ignorance où je
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talozzi; Battier, leur ami commun, Thomme « plein de hardis projets », en faisait probablement aussi partie.
suis de la vie du grand monde m'a toujours détourné d'essayer quelque chose en ce genre. Il est vrai que c'est là un défaut auquel il serait facile de remédier, si j'habitais quelque temps une grande ville et que je pusse m'y créer des relations suffisantes; et à ce point de vue, la publication d'un journal hebdomadaire à Vienne me procurerait certainement des ressources qui me permettraient de vivre convenablement dans cette ville... Mais, mon bien cher ami, il me semblerait trop téméraire de ma part de risquer l'aventure sans qu'à l'avance l'attention de quelques grands personnages à Vienne ait été attirée sur mes écrits. Oserai-je ajouter qu'il vous serait peutêtre possible, par vos relations personnelles ou par vos Éphémérides, de faire naître chez quelque grand personnage l'idée que je pourrais être utilement employé à Vienne... S'il vous venait à l'esprit quelque sujet historique qui fût conforme aux idées actuellement en faveur auprès du gouvernement autrichien, je vous prierais de vouloir bien m'en faire part à l'occasion. » (Lettre du 24 avril 1182.) — « Je ferai venir de Zurich le théâtre de Goldoni, et dès que j'aurai un peu de loisir j'essayerai quelque chose; je réitère ma prière, pour le cas où un sujet historique se présenterait à votre esprit, de vouloir bien me le communiquer. » (Lettre du 5 mai 1782.) C'est évidemment à ce singulier projet de s'essayer comme auteur dramatique que Pestalozzi fait allusion dans ce passage du Schweizerblatty écrit un mois après la mort d'Iselin : « C'est lui (Iselin) qui m'a conseillé la publication de mon journal hebdomadaire ; mais il désirait plus encore et travaillait à quelque chose de plus important; et si jamais je vais à V. (Vienne), et que j'y tente quelque chose de plus considérable, c'est à lui que j'en devrai la première pensée. » (N; 33, 15 août 1782.)
On lit dans Pompée, Études sw^ la vie et les travaux de Pestalozzi, 2e éd., p. 43, l'anecdote suivante : « Le célèbre Basedow, dont la lecture de Léonard avait excité l'admiration et l'enthousiasme, se mit en relations avec son auteur : il voulut l'attirer dans le Philanthropin^ établissement normal qu'il avait fondé à Dessau; mais Pestalozzi lui répondit que, si ses idées étaient cosmopolites, son devoir lui imposait de les répandre d'abord dans sa patrie ». On a pu voir par ce qui précède combien la véritable manière de voir de Pestalozzi était différente de celle que Pompée lui prête. Ajoutons que nul autre biographe n'a parlé de relations de Pestalozzi avec Basedow (lequel d'ailleurs avait définitivement quitté la direction du Philanthropinum en 1779). Ce qui a pu faire croire à Joseph Schmid (auquel
(L Ëpictète » était Tun des plus actifs parmi les propagandistes de rilluminisme, le conseiller ecclésiastique Mieg, de Heidelberg *. Quant à « Machiavel », nous ne savons pas quel est le personnage désigné sous ce nom.
Dans sa lettre, <r Ëpictète » parle d'un cahier que Pestalozzi devra lui renvoyer après l'avoir copié, « par l'intermédiaire de la librairie Serini à Bâle ». Le Musée pestalozzien de Zurich possède un petit cahier écrit de la main de Pestalozzi, et contenant une notice sur le but et l'organisation des Illuminés *. C'est probablement la copie du cahier d'à: Ëpictète ».
On ne sait pas si Pestalozzi donna suite au projet qui lui était suggéré de s'adresser à M. de Sonnenfels. Mais, dès le mois de juin 1783, on le voit entrer en correspondance avec le comte Charles de Zinzendorf, ministre des finances de Joseph II. C'était Daniel de Fellenberg, comme l'indique la première des lettres de Pestalozzi, qui l'avait mis en rapport avec Zinzendorf. Faut- il supposer que l'intervention des Illuminés y ait été aussi pour quelque chose? Gela pourrait être, mais il n'est point nécessaire de le supposer. L'origine de cette correspondance s'explique très naturellement par l'envoi que Fellenberg avait fait au ministre autrichien de quelques écrits de Pestalozzi de la part.de leur
Pompée devait probablement l'anecdote en question) qu'il y avait eu à un moment donné une négociation entre Pestalozzi et Basedow, c'est probablement le fait que Pestalozzi était entré en 1782 en relations avec la Buchhandlung der Gelehrten à Dessau (voir plus haut, p. 55, n. 3).
1. B&rruel ^ Ménioires pour servir à V histoire du jacobinisme, t. IV, p. 252. Le recueil des papiers des Illuminés saisis en 1786 et publiés par ordre de l'électeur de IJavière (Einige Original- Snhiiften des Illuminât en-Or dens^ etc.) contient plusieurs lettres écrites par Mieg.
2. Le texte en a été publié dans le Korrespondenzblatt des Archivs der schweizertschpTt permanenten Schulaitsstellung^ 4819, p. 8.
auteur. Pestalozzi nous apprend qu'il avait espéré tirer de ses rapports avec Zinzendorf « de sérieux avantages matériels * » ; mais son attente fut déçue. La correspondance entre Zinzendorf et Pestalozzi dura jusqu'en 4790; les lettres de Pestalozzi et deux lettres de Zinzendorf ont été publiées par le D' 0. Hunziker dans le Paedagogium de Dittes, numéros de mai et juin 1881 \
Henning dit que Pestalozzi parvint au grade de chef de l'Illuminisme en Suisse; mais que bientôt après, désabusé, il sortit des rangs de l'association '. Rien n'indique qu'il y ait eu rupture entre Pestalozzi et les Illuminés à la suite de mésintelligences; la désorganisation de l'ordre, arrivée à partir de 1784, à la suite du procès de Weisshaupt et des persécutions dirigées en Bavière contre les affiliés, suffit à expliquer pourquoi Pestalozzi cessa d'en faire partie. Il faut noter cependant un passage de la quatrième partie de Léonard et Gertrude (chap. xxiii), où il traite assez durement les « sociétés secrètes », les « charlatans » et les « thaumaturges » ; ce passage paraît s'appliquer à certains agents de l'Illuminisme, tels que Gagliostro. Mais les rêves de régénération sociale dont Pestalozzi s'était