Pàdagogische Blâtter de Kehr, 1881, p
1. M. Morf donne la date du 13 novembre 1781 (t. I, p. 13o), mais c'est une erreur ou une faute d'impression. Il résulte du tableau généalogique de la famille Schulthess, publié dans les Pestalozzi'Bl&tter^ 1885, p. 97, que M™* Schulthess est morte en 1780. La date erronée donnée par M. Morf a conduit le D*" J. Keller à placer en novembre 1781 une lettre non datée de Pestalozzi à Iselin (la 35® d'après son classement), qui est bien de novembre 1780.
3. La famille de Hallwyl, dont l'ancien château seigneurial est situé au bord du petit lac du même nom, avait été illustrée au xv" siècle par Jean de Hallwyl, l'un des chefs qui commandaient l'armée des Suisses à Grandson et à Morat. Une branche de cette famille, celle dont était issue l'amie de M"' Pestalozzi, s'était fixée en Autriche et y était demeurée catholique, tandis que les Hallwyl de Suisse avaient adopté le protestantisme à l'époque de la Réforme. Francisca-Romana de Hallwyl, fille du comte François- Antoine de Hallwyl, lieutenant feld-maréchal des armées autrichiennes, mort pendant la guerre de Sept ans, naquit à Vienne en 1758. Elle était, dit-on, d'une beauté accomplie et d'un caractère angélique. Sa mère, gouvernée par un confesseur jésuite, le père Ignace, voulait la forcer à prendre le voile; mais un jeune parent, le baron Abraham-Jean de Hallwyl, de la branche suisse, qui s'était épris de Francisca-Romana, lui proposa de l'enlever. Avec son aide, la jeune fille s'échappa de Vienne (1774) ; après de nombreuses et romanesques péripéties,
78 t>ËSTALOZZl.
nous l'avons déjà dit, avait été fortement ébranlée par les fatigues et les angoisses morales des pénibles années traversées de 1770 à 4780; ainsi s'explique en partie le besoin qu'elle éprouvait d'aller chercher du repos dans la maison d'une amie. Dans le Schweize}*hlatt (n" 33, 45 août 4782), Pestalozzi fait allusion à l'absence de §a femme, « qui vit loin de lui * »; dans le numéro suivant, il nous apprend qu'elle était encore à Neuhof quelques semaines auparavant, le jour de la Saint-Henri, c'est-à-dire le 45 juillet *. C'est probablement à cause des absences prolongées de M™® Pestalozzi, comme nous l'avons déjà dit, que le petit Jacques dut être mis en pension. Pestalozzi paraît avoir pris son parti de cet état de choses, et, dans sa solitude, c'était pour lui une consolation de penser « que l'amitié rendait à sa femme une partie des biens qu'elle avait perdus par lui ^ ». D'ailleurs les amis de M™* Pestalozzi le traitaient lui-même avec égards, et il était le bienvenu au château de Hallwyl, où il faisait de fréquentes visites.
L'année 4783 vit paraître deux nouveaux écrits de Pestalozzi : un mémoire sur l'infanticide et la deuxième partie de Léonard et GerUmde,
maudite et déshéritée par sa mère, elle épousa son cousin el abjura le catholicisme. Les époux habitèrent ensemble le château de Hallwyl; mais le jeune baron mourut en 1780, empoisonné, croit-on, à l'instigation du père Ignace. Restée veuve, la baronne de Hallwyl voua un véritable culte à la mémoire de son mari, et consacra le reste de ses jours à la bienfaisance. Elle vécut jusqu'à un âge avancé, et le souvenir de ses vertus, dit un biographe, se conserve encore au sein des populations de la contrée.
1. « Ein liebes Weib, das jetzt weit ireçf von mir in *'* Icbt. • {Schweizer blatte p. 242.)