‹ Pestalozzi, étude biographiqueChapitre 51 sur 202 · Lettre du 5 décembre · texte numérisé non relu

Lettre du 5 décembre

3. Préface placée par M""" Niederer en tête d'une copie du manuscrit faite par elle; reproduite par M. Seyffarth dans son édition des Œuvres, t. XVI, p. 314.

d04 PESTALOZZI.

manuscrit original de Pestalozzi ayant été retrouvé \ il a été possible de restituer le véritable titre ainsi que la date exacte : la date est février 1793, et le titre choisi par Pestalozzi était : Oui ou Non, déclaralio)i$ sur le sentiment politique de Vhumanité européetme, par un homme libre *.

L'auteur se demande pourquoi les trônes des souverains d'Europe sont ébranlés C'est la faute des philosophes et des écrivains qui ont répandu parmi les peuples des idées chimériques de liberté irréalisable, prétendent quelques-uns. Non, répond Pestalozzi, ce ne sont pas les philosophes qui ont créé la situation, ils n'ont fait que la ' constater. Et il montre, dans un tableau détaillé, le malaise qui pèse sur toutes les classes, les abus qui rongent le corps social ; il fait le procès du despotisme et de Tinjustice. Ce sont les princes qui, par leur aveuglement et leur mauvaise administration, ont créé une situation révolutionnaire. L'un d'eux, un seul, aurait pu peut-être conjurer le péril : si Frédéric de Prusse avait consenti à incliner les prétentions du trône devant une conception plus juste du droit social, il eût pu devenir le sauveur des peuples et des rois; mais il ne l'a pas fa'itj et ce .qu!ii n'a pas su ou voulu faire, les princes, aujourd'hui encore, ne songent pas à le tenter. Et pourtant le cours inéluctable des choses les y conduira, et l'adversité leur arrachera les concessions que la sagesse et la prévoyance n'auront pas su leur inspirer, an II n'y a pas d'autre alternative : ou bien l'Europe devra retomber

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