‹ Pestalozzi, étude biographiqueChapitre 71 sur 202 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

BURGDORF, LA « MÉTHODE ».

Slapfer fait envoyer Peslalozzi à Burgdorf (juillet 1799). L'école enfantine de M"* Stilhli. — Le désir de Pestalozzi de retourner à Stanz n'est pas accueilli. Le gouvernement helvétique lui aci'orde des secours financiers en vue de la création d'un institut d'éducation (février 1800). Résultats obtenus par Peslalozzi dans l'école enfantine. 11 devient instituteur dans une école communale de garçons (mai 1800). — Association avec Kriisi. — Pestalozzi maître d'école, d'après Ramsauer. — Buss l't Tobler se joignent à Pestalozzi. — La « Société des amis de l'éducation ». Premier exposé fait par Pestalozzi de sa « mé- Ihode » (juin). — Le gouvernement helvétique accorde à Pestalozzi le château de Burgdorf (juillet). — Rapport des commissaires de la Société des amis de l'éducation. — Pestalozzi abandonne les fonctions d'instituteur communal et annonce la création d'un pensionnat de garçons et d'une école normale (octobre 1800). — 11 écrit Comment Gertrude instruit ses enfanta (1801). Analyse de cet ouvrage.

« Des hauteurs du Gurnigel, dit Pestalozzi, je voyais se dérouler à mes pieds la belle vallée sans limites; jamais encore je n'avais joui d'une vue si étendue ; et cependant, devant ce spectacle, je songeais au peuple mal instruit bien plus qu'à la beauté du paysage. Je ne ])ouvais pas vivre sans mon œuvre \ »

1. Comment Gertrude instruit ses enfants, l^e lettre, p. 21. Nous citons d'après l'édition originale, Berne et Zurich, Henri Gessner. lS01,dont un exemplaire se trouve au Musée pédagogique de Paris.

BUUGDORF, LA « MÉTHODE t (1799-1801).- 141

Le ministre Stapfer, qui avait deviné le génie de Pestalozzi, ne l'abandonna pas. Sur sa proposition, le Directoire helvétique (presque entièrement renouvelé sous la présidence de Laharpe et installé à Berne depuis le mois de mai 1799), venait de décider la création à Burgdorf d'une école normale d'instituteurs, qui devait être placée sous la direction d'un homme de beaucoup de talent, Fischer, professeur extraordinaire de philosophie et de pédagogie à l'université de Berne et disciple du philanthropiniste Salzmann. Fischer s'était aussitôt rendu à Burgdorf, et, en attendant que l'école normale pût s'ouvrir, il s'occupait à réorganiser les écoles de la ville. Stapfer pensa que Pestalozzi trouverait là un terrain favorable pour la continuation de ses expériences pédagogiques; à la date du 23 juillet, il adressa au Directoire un rapport (rédigé en français) où il disait :

Citoyens directeurs, vous connaissez et vous estimez avec tous les amis de l'humanité le citoyen Pestalozzi; vous déplorez avec eux qu'il n'ait pu tranquillement exécuter à Stanz ses vues philanthropiques et faire l'essai complet du plan d'éducation qui dans son roman de Lienhard et Ger- Irudc a fait l'admiration de tous les hommes éclairés, et dont quelques idées ont été exécutées en partie à l'étranger, à Wurzbourj^ et à Bamberj^', dans le Brandebourg, à Hanovre, dans la Saxe électorale et jusqu'en Bohême, i^endant que nos anciens gouvernements, au grand étonnement des princes mêmes, ne donnaient aucune attention à l'homme célèbre que nous avons le bonheur de compter parmi nos concitoyens.

Ne pouvant aujourd'hui réaliser ses projets dans toute leur étendue, il désirerait au njoins en essayer l'exécution partielle. Il a découvert une méthode très simple d'apprendre à lire aux enfants. Vous savez, citoyens directeurs, que cette partie fondamentale de l'instruction est une des plus ilifliciles, qu'elle absorbe un temps précieux et que les plus i^rands hommes se sont occupés Je son perlectioniicnienl.

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