‹ Pestalozzi, étude biographiqueChapitre 73 sur 202 · Morf, I, p · texte numérisé non relu

Morf, I, p

3. Ibid., p. 217. — On trouve les détails les plus intéressants sur les débuts de Pestalozzi à Burgdorf dans une lettre écrite en 1804 à'Niederer par le sous-préfet Schnell; cette lettre, dont l'original est à la bibliothèque de la ville de Zurich, a été imprimée dans les Pestalozzi-Blâtter, 1888, pp. 58-64.

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bres ; je cherchai par tous les moyens à simplifier le plus possible les éléments de Tépellation et du calcul, à les présenter sous des formes appropriées aux lois de la psychologie, et qui dussent conduire l'enfant, graduellement et sans lacunes, du premier pas au second, puis, une fois le second bien assuré, lui faire franchir rapidement et sûrement le troisième et le quatrième... Cependant, après avoir déjà élaboré durant des mois tous les matériaux élémentaires de l'enseignement, et avoir tout fait pour les amener au plus extrême degré de simplicité, je n'en apercevais pas encore l'enchaînement, ou du moins je n'en avais pas entièrement conscience; mais d'heure en heure je sentais que j'avançais, et que j'avançais à grands pas *.

Ces cahiers que Peslalozzi remplissait de syllabes et de chiffres, c'étaient les manuscrits des livres élémentaires qu'il projetait de rédiger pour l'enseignement simplifié de la lecture et du calcul. Il comptait, une fois son travail achevé, retourner à Stanz.

En effet, l'orphelinat de Stanz subsistait toujours. Après l'éloignement des troupes françaises, en août, Zschokke avait fait rentrer dans l'établissement la plupart des élèves qui avaient été congédiés; un instituteur nommé Gut fut chargé de l'enseignement; peu après, Zschokke et le curé Businger adressèrent au Directoire helvétique deux mémoires contenant un plan de réorganisation (octobre et novembre ^). Le Directoire demanda l'avis de Stapfer sur le mémoire de Businger; le ministre répondit (48 novembre 1799) par un éloge chaleureux de Pestalozzi et par la proposition de le replacer au poste qu'il avait dû momentanément abandonner. Nous citons textuellement les principaux passages du rapport de Stapfer, qui est rédigé en français :

). Comment Gertriide instruit ses enfants, l^e lettre, pp. 28-29. 2. Des extraits de ces deux documents ont été publiés par M. Murf, l. I. pp. 196-198,

BURGDORF, LA « MÉTHODE » (1799-1801). 145

Je diffère entièrement d'opinion avec Testimable auteur du mémoire. Il commence par insinuer que le citoyen Pestalozzi n'était pas propre à la direction de cet institut. Je suis fâché de dire que les citoyens Zschokke et Businguer (sic), en conséquence de préventions, dont je n'examinerai ni la source ni la nature, ne se sont pas comportés envers ce vieillard célèbre et inappréciable de manière à ce qu'il ait lieu d'être content. Ils ont répandu sur son compte des plaintes exagérées et paralysé un établissement qui promettait des résultats heureux à la patrie.

Ils accusent le citoyen Pestalozzi de gaspillage, de malpropreté, de brutalité, et d'avoir aliéné les affections de ses élèves.

Quant au premier point, Pestalozzi en appelle à un examen sévère et surtout au témoignage du citoyen Truttmann. Il me parait qu'on ne peut pas refuser des vues économiques à un homme qui seul s'est chargé d'être l'instituteur et le surveillant de soixante enfants et de l'administration de l'établissement où ils se trouvaient. Le pauvre Pestalozzi s'est tué à force de travail pour épargner des employés, et il fallait toute sa passion pédagogique, pour rendre sa position tenable.

Quant à la propreté, je n'ai jamais entendu s'en plaindre les nombreux voyageurs qui sont allés le voir et le surprendre au milieu de ses élèves pendant tout le temps qu'il a passé dans cet institut.

Il proteste n'avoir employé que les châtiments indispensables, et en vérité dans un rassemblement de soixante jeunes enfants, mal élevés et infectés de tous les vices qui font de la race des mendiants le fléau de la société, il ne faut pas mettre quelques soufflets au rang des superfluités.

Enfin l'attachement de ces enfants pour le citoyen Pestalozzi n'est pas douteux, mille et mille témoins en déposent, et il n'y a pas la moindre probabilité à l'assertion des détracteurs (Zschokke et Businguer) de Pestalozzi.

Toujours est-il infiniment dommage et pour notre patrie et pour l'humanité en général que Pestalozzi n'ait pas à Stantz pu suivre le cours de ses projets.

Stapfer rappelle ensuite « les points principaux du plan de Pestalozzi, tels qu'ils sont indiqués dans son

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ouvrage classique : Lienhard et Gertrude ». Et il indique en ces termes les résultats qui pourront être obtenus :

Si le projet réussit, il le faudra prendre pour modèle, el lui assimiler tous les autres instituts d*éducation publique «Uémentaire. S'il ne réussit qu'en partie, on aura recueilli, dans un siècle où on fait une espèce de cours de physique expérimentale avec le genre humain, de nouvelles expériences intéressantes et utiles.

Le citoyen Pestalozzi espère donner à son plan successivement une plus grande étendue, si les premiers essais réussissent.

Il donne aux enfants des villages voisins la permission de visiter les écoles de son établissement. De jeunes instituteurs y seront admis pour s'exercer dans l'art d'instruire...

Si le plan du citoyen Pestalozzi réussit, les parents n'auront plus de prétexte pour empêcher leurs enfants d'aller à l'école. Ils verront que leurs enfants y font des ouvrages qui les mettent à même de gagner leur pain de bonne heure.

Stapfer conclut ainsi :

Il me paraît donc important que le citoyen Pestalozzi soit placé là d'où les malheureux événements de la guerre l'ont éloigné. Il s'occupe aujourd'hui de perfectionner la méthode d'instruction élémentaire àBourgdorf et compte achever son essai dans trois ou quatre semaines. A cette époque, il ne cache pas qu'il se consacrerait de nouveau avec plaisir à l'établissement de Stantz *.

Le. plaidoyer de Stapfer fait honneur à ses sentiments, mais il est permis de croire que Zschokke et Businger avaient mieux jugé que lui la situation. Telle fut, du moins, Topinion du Directoire helvétique et celle du ministre de l'intérieur Rengger. On décida que Pestalozzi ne retournerait pas à Stanz, et que l'orphelinat resterait placé sous la surveillance du curé Businger.

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