Comment Gertrude instruit ses enfants, pp
2. EUe avait. été publiée par Steinmiiller dans le premier volume de sa Helvetische Sch.iUîneisterbibliothek (Saint-Gall, 1801). Voir Pestalozzi'Blâtter, 1888, p. 49.
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adhésion à la méthode pestalozzienne. Vient ensuite un jugement porté par Tobler sur cette même méthode.
La troisième lettre est remplie presque en entier par la biographie de Buss, écrite par lui-même; elle est suivie de Tappréciation faite par Buss de la méthode et de ses avantages.
Après avoir présenté au lecteur ses trois collaborateurs, Pestalozzi expose, dans les trois lettres suivantes, les lois du développement intellectuel de l'homme, telles qu'il croit les apercevoir. Il répète d abord ce qu'il a déjà dit dans le mémoire de juin 4800, analysé plus haut, sur l'intuition, origine de nos connaissances, et sur la nécessité de classer les intuitions en subordonnant les points accessoires aux points essentiels. Puis il arrive au point capital de son livre, à ce qu'il regarde comme sa grande découverte :
Ami, longtemps ces idées vives, mais confuses, sur les éléments de l'enseignement tourbillonnèrent ainsi dans mon esprit. Telles je les ai reproduites dans mon mémoire : mais même à ce moment je n'avais pas encore su découvrir entre elles et les lois du mécanisme physique un enchaînement continu, je n'étais pas parvenu à déterminer sûrement les éléments premiers qui devaient être le point de départ des séries de nos intuitions artificielles, ou plutôt de. Ja forme qu'assignerait à l'éducation de l'humanité l'essence même de la nature de l'homme. Enfin, tout récemment, comme un Deu$ ex machina^ la pensée me vint que la source de toutes nos connaissances se trouve dans le nombret la forme et le langage^ et soudain il me sembla qu'une lumière nouvelle m'éclairait dans mes recherches.
Un jour, après de longs efforts pour atteindre mon but, ou plutôt au milieu de mes rêveries vagabondes sur ce sujet, j'en vins à me demander tout simplement quelle est et quelle doit être, dans chaque cas particulier, la manière de procéder d'un homme cultivé qui veut analyser convenablement et éclaircir peu à peu un sujet quelconque, obscur et compliqué à ses yeux.
BURGDORF, LA < MÉTHODE » (1799-1801). 167
En pareil cas, il devra toujours diriger son attention vers les trois points suivants :
40 Combien d'objets a-t-il sous les yeux, et de combien de sortes?
20 Quelle apparence ont-ils? quelle est leur forme, leur contour?
3** Comment se nomment-ils? comment peut-on se représenter chacun d'eux par un son, par un mol?
Mais il est évident que le succès de cette recherche suppose chez cet homme le développement des facultés suivantes :
1» La faculté de saisir par la vue la forme des divers objets et de se la représenter;
2® La faculté de séparer ces obj,els les uns des autres au point de vue du nombre et de se les représenter nettement comme unité ou comme pluralité ;
. 3<» La faculté de répéter, au moyen du langage, cette représentation d'un objet au point de vue du nombre et de la forme, et de la rendre ainsi inoubliable.
Je conclus donc que le nombre, la forme et le langage sont à eux trois les moyens élémentaires de l'enseignement, puisque la somme de tous les caractères extérieurs d'un objet se trouve rassemblée dans les limites de son contour et dans ses relations numériques, et que ma conscience se l'approprie au moyen du langage. L'art de l'enseignement doit donc prendre pour règle invariable de s'appuyer sur ce triple fondement pour arriver à ce triple résultat :.
jo Enseigner à l'enfant à saisir chacun des objets qu'on lui donne à connaître comme une unité, c'est-à-dire comme séparé de ceux avec lesquels il paraît lié ;
2® Lui enseigner à distinguer la forme de chaque objet, c'est-à-dire ses dimensions et ses proportions ;
30 Le familiariser aussitôt que possible avec tout l'ensemble des mots et des noms de tous les objets qui lui sont connus.
Et puisque l'instruction des enfants doit partir de ces trois points élémentaires, il est évident que les premiers efforts de l'art doivent tendre à donner à ces trois éléments la plus grande simplicité, la plus grande étendue et la plus grande harmonie possibles.
Une seule difficulté me faisait encore Jiésiter à accepter ces trois principes élémentaires : je me demandais pourquoi toutes les qualités des choses qui nous sont connues
par DOS cinq sen^ ne seraient pas d«s étémenls premiers de nos coonais^Dc^s au oiéme titre que le nombre, la forme et le nom! Uah je reconnus bir.'Dtôl ceci : tous les objets possibles ODl nécesjairemeut le nombre, la forme el le nom; tandis qu'aucune de^ autres qualités que nous font connaître nos cinq sens n'est commune à louâ les objets : les uns possèdent celle-ci, les autres celle-là. Je reconnus ainsi entre le nombre, la forme et le nom. d'une part, el toutes les autres qualités d'autre {>art, cette différence essentielle qu'aucune de ces autres qualités des choses ne pouvait être envisagée comme un élément premier de nos coa naissance s; en re?auche, je reconnus nettement aussi que toutes ces autres qualités des cho.4es, que nous percevons par nos cinq sens, se rattachent immédiatement à ces éléments premiers Je nos connaissaaces; et que, par cimséquent, dans l'inslructiou des enfants, la connaissance de tontes les autre« qualité» des objets doit Hre rattachée immédiateiucut à la connaissance préalable de la forme, du nombre et du nom. Je vis alors que, par la connaissance de l'unité, de la forme et du nom d'un objet, la notion que j'en ai devient une notion déterminée {tcstûnmte £rimn(fiifsi ; que. par la connaissance successive de ses autres attributs, cette notion devient une notion claire {klare Erkenntmis) : qu'eoGo, par la connaissance de l'ensemble de tous ses caractères, cette notion devient une noiion distincte {'leulUche Erk^ttnlnis^).
J'allai plus loin encore, et je reconnus que toutes nos connaissances proviennent de trois facultés élémentaires i
t° La faculté d'émetire des sons, d'où vient l'aptitude au langage ;
2» 1^ faculté de représentation indéterminée, et purement sensible, d'où vient la connaissance des fonnes;
3" La faculté de représentai ion déterminée, et non plus purement sensible, d'où vient la connaissance de l'unité et avec elle l'aptiludu à compter et à calculer.
Ainsi se trouve résolu le problème: et rien n'empêche jilus d'appliquer les (ois mécaniques, que je reconnais comme les bases de l'enseignement, aux formes lie Censei'jitemenl que l'expérience des siècles a fournies au genre humaÎD pour servir à son développement, l'écrilure. la lecture, le calcul, etc. '.