Ibid., pp
m PESTÀLOZZI.
toutes les autres; le carré est divisé par des lignes droites horizontales et verticales, et ces divisions fournissent des procédés certains pour déterminer et mesurer tous les angles, ainsi que le cercle et les arcs de cercle. Grâce aux exercices dont cet alphabet des mesures offre la matière, « tout enfant peut parvenir à porter, sur chacun des objets qui sont dans la nature, un jugement exact, fondé sur les proportions mêmes de cet objet et leur rapport avec celles des autres, puis savoir en parler dans un langage précis; il arrive non seulement à juger, quand il regarde une figure, de la relation qui existe entre sa hauteur et sa largeur, mais à déterminer exactement le degré d'obliquité ou de courbure produit par une divergence quelconque entre la forme de cette figure et celle du carré, ainsi qu'à donner à cette divergence le nom qui la désigne dans VABC de r intuition • ». En d'autres termes, les enfants ainsi exercés ont « le compas dans Tœil ». Le dessin vient tout naturellement à la suite de ces exercices : « c'est une mise en œuvre des formes que Tenfant a observées et qu'il s'est assimilées ; il débute par la ligne horizontale, passe ensuite à la ligne verticale, puis à l'angle droit, etc. ; et, à mesure que l'enfant devient plus habile et reproduit plus facilement ces figures, on s'en éloigne graduellement dans les modèles qui servent à les appliquer ' ». L'écriture est une sorte de dessin linéaire particulier, qui n'est plus qu'un jeu pour l'enfant une fois qu'il a l'œil et la main convenablement exercés. Pour le dessin et l'écriture, Pestalozzi veut qu'on se serve au début du crayon et des tablettes d'ardoise : parmi les avantages que présente l'emploi de l'ardoise, il insiste sur celui-ci, que « l'enfant efface
i. Comment Gerttnide instruit ses enfants, p. 235. 2. Ibid., pp. 231-238.
BURGDORF, LA « MÉTHODE )» (1199-1801). 173
tout sur son ardoise, même ce qui est très bien réussi; ce point a une grande importance, car il est essentiel d'habituer l'homme à ne pas chercher une satisfaction de vanité dans Tœuvre de ses mains * ».
L'enseignement élémentaire du caicwi, enfin, a pour principe fondamental cette formule : « Un et un font deux ; un de deux reste un ». Il se fait d'une façon toute concrète et sans le secours des chiffres. Au début, les petites tablettes de carton portant des lettres, au moyen desquelles l'enfant apprend l'alphabet, servent aussi pour apprendre à compter, à additionner, à soustraire. Ces tablettes mobiles sont ensuite remplacées par un tableau où les unités sont figurées par des bâtons ou des points. Le calcul des fractions s'enseigne au moyen d'autres tableaux représentant des carrés divisés de diverses façons : un premier tableau comprend onze rangées composées chacune de dix carrés ; les carrés de la première rangée sont entiers, ceux de la seconde sont partagés en deux parties égales, ceux de la troisième en trois, etc., jusqu'à dix; un second tableau offre des subdivisions de ces divisions simples : les carrés qui étaient partagés, dans le premier tableau, en deux parties égales, le sont ici en deux, quatre, six, huit, dix, douze, quatorze, seize, dix-huit, vingt parties; ceux de la rangée suivante en trois, six, neuf, etc.
Pas plus que les procédés pour l'enseignement de la langue, ceux que Pestalozzi avait imaginés pour l'enseignement des mesures, du dessin, du calcul ne devaient être définitifs : VABC de Vintuition et les livres élémentaires de calcul, rédigés d'après le programme tracé en 1801 et publiés en 1803 *, furent promptement abandonnés.