La petite Marianne mourut l'année suivante
BnRGDORF ET MUNCHENBUCHSEE (1801-1805). 187
comme il l'avait espéré, favorisa un retour des unitaires. Ce changement politique assurait de nouveau à Pestalozzi l'appui du gouvernement. Dès le 28 avril 1802 un arrêté du Petit Conseil renouvela, pour Tannée courante, la subvention de 1600 francs accordée précédemment, et, Pestalozzi ayant demandé que son institut reçût la visite officielle d'une commission d'enquête qui constaterait les résultats de l'enseignement, le nouveau ministre de l'intérieur, Fiissli *, désigna à cet effet deux commissaires, le doyen Ith, président du conseil d'éducation du canton de Berne, et le pharmacien Bânteli*. Pestalozzi leur adressa un mémoire qui contient une notice autobiographique et des renseignements sur la situation de l'institut à ce moment ^ Outre les maîtres que nous connaissons déjà, Kriisi,
1. Ce Fiissli, que nous avons tléjà vu figurer parmi les signataires de rappel de la Société des amis de l'éducation (voir plus haut, p. 163), était Jean-Henri Fussli (1745-1832), un des amis de jeunesse de Pestalozzi. D'une autre famille que Henri Fiissli Iç |)eintre et son frère Gaspard Fiissli le libraire, il était fils de Jeani\odolphc Fiissli, auteur d'un Dictionnaire des artistes fort estimé. A peine ses études achevées, il avait remplacé Bodmer à Zurich dans la chaire d'histoire suisse; il était devenu ensuite membre du Grand Conseil, puis du Petit Conseil de sa ville natale. Quand éclata la Révolution helvétique, il ne joua pas de rôle important aussi longtemps que les * patriotes »• ou « jacobins » eurent la direction des affaires; mais, à partir de 1801, il fut mêlé activement à la politique. Il fut l'un des six « unitaires » que Bonaparte fit adjoindre au Petit Conseil en janvier 1802; après l'expulsion du pouvoir des « octobristes », il dirigea le ministère de l'intérieur, auquel celui des arts et sciences avait été réuni; en juillet 1802, il fut élu vice-landamman [Statthalter], et conserva cette charge jusqu'à la fin du gouvernement helvétique. Rentré dans la vie privée en 1803, il fonda à Zurich une librairie (librairie Orell, Fiissli et G'") et créa la Zûrcher-Zeitung (aujourd'hui la iVewe Zûrcher-Zeitung).