‹ PestalozziChapitre 113 sur 201 · Morf, III, p · texte numérisé non relu

Morf, III, p

4. Lettre de Krùsi à Niederer, du 16 novembre 1804. citée par M. Morf, t. III, p. 109.

o. Morf, III, p. 110. Ce second projet ne devait aboutir que trois ans plus tard, en 1807; le journal n'eut d'ailleurs qu'un numéro. Voir plus loin, p. 256.

BURGDORF ET MUNGHENBUCHSEE (1801-1803). 211

encore que dix-huit élèves. Les gros bonnets (die Vornehmeri) sont contre eux !. »

Un livre publié vers cette époque donne des renseignements sur l'organisation des deux instituts, et sur la nature du lien qui devait les unir. Il est intitulé : Exposé de la méthode élémentaire de H. Pestalozzi, suivi d'une notice sur les travaux de cet homme célèbre, son institut et ses principaux collaborateurs, par Dan. -Alex. Chavannes, M. D. S. E. (ministre du saint Évangile), membre du Grand Conseil et de la Société d'émulation du canton de Vaud; Paris, Levrault et Gie, 1805; il est dédié aux membres du Petit Conseil du canton de Vaud 2.

Cependant, la bonne harmonie entre Fellenberg et Pestalozzi, déjà compromise en septembre 1804, allait être de nouveau troublée. Fellenberg paraît avoir voulu étendre son autorité à l'institut d'Yverdon pour l'aider à marcher; Pestalozzi en fut froissé. Il déclara à Fellenberg que l'institut d' Yverdon n'avait pas besoin de ses aumônes 3; Fellenberg, qui avait offert ses services dans une bonne intention, se fâcha à son tour. Il y eut par correspondance un long échange de récriminations durant le mois de janvier 1805*.

1. Pestalùzzi-Blutter, 1881, p. 11. Au commencement de 1805, Lisabeth, qui était enceinte, dut retourner à Neuhof. Elle y fit une fausse couche, qui eut des suites graves; on craignit pour sa vie (lettres de Pestalozzi à sa belle-fille, mars 1805, citées dans Einige Blutter aus Pestcdozzïs Lebens- und Leidensgeschichte de M. Morf, p. 111). Pendant son absence, la sœur de Barraud la remplaça comme ménagère à Yverdon, mais ne se montra pas à la hauteur de la tâche (Morf, 111, p. 263). Lisabeth ne revint à Yverdon qu'en mai 1806, avec Mrae Pestalozzi.

2. Une seconde édition de cet ouvrage a été faite en 1809, Paris et Genève, Paschoud.

3. Lettre à Fellenberg, dans le Korrespondenzblatt des Archivs der schweizerischen permanenten Schulausstellung, 1879, pp. 55-56.

4. Cette correspondance a été publiée dans le Korrespoiulenzhlatt cité ci-dessus, année 1879.

L'orage, toutefois, s'apaisa. Mais d'autres difficultés plus sérieuses allaient se produire. Les maîtres restés à Mùnchenbuchsee commençaient à trouver la domination de Fellenberg trop dure. Le prospectus de l'institut, qui venait de paraître, leur avait déplu l : Fellenberg, sans les consulter, avait modifié la première rédaction faite par Nieclerer et ajouté à ce document des passages qu'ils ne pouvaient approuver 2. Le peu d'humanité que Fellenberg fit voir à l'occasion de la maladie de deux élèves qui moururent de la diphtérie en février 3 lui aliéna définitivement les cœurs.

Sur ces entrefaites, Pestalozzi revint à Mùnchenbuchsee (milieu de février) : il s'agissait d'une démarche à faire auprès du préfet du district, afin d'obtenir pour une autre année le renouvellement de la concession du château 4. Mais le préfet souleva des difficultés inattendues, et donna à entendre qu'il y avait peu d'apparence que le gouvernement bernois consentît à accorder la demande. En même temps que Pestalozzi se voyait ainsi menacé d'être évincé, Fellenberg, paraît-il, était sollicité par ses amis politiques de demander le château en son propre nom : on promettait de lui accorder à lui ce qu'on était décidé à refuser à Pestalozzi. Murait, à ce moment, commence

1. Prospekt des Pestalozzi schen Instituts zu Mùnchenbuëhséë in Verbindung mit den Erziehungs-Anlagen zu Hofwyl, 1805. Cette brochure se trouve au Musée pédagogique de Paris.

Page 1