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Morf, IV, p

3. L'édition française parut en septembre 1810, l'édition allemande en octobre. La traduction allemande avait été faite par Wernhard Huber. Heussler a publié en 1846 (Vortrâge gehalten bel der Pestalozzi-Feier, pp. 24-28) des extraits de la correspondance échangée entre le Père Girard et ses collègues Merian et Trechsel à l'époque de la rédaction du rapport. On y trouve un grand nombre de détails instructifs. Le texte officiel du rapport ne présente les critiques des commissaires que sous une forme adoucie; dans leurs lettres, ils s'expriment avec beaucoup moins de ménagement à l'égard de l'institut, et en particulier de Niederer.

l'institut d'yverdon : première période (1805-1810), 279

Le séjour de K. von Raumer à l'institut d'Yverdon coïncide justement avec l'époque de la visite des commissaires de la Diète et de l'élaboration de leur rapport; les pages qu'il a écrites à ce sujet dans son HisloÎ7*e de la Pédagogie jettent une vive lumière sur la vie intérieure de l'établissement et les principaux défauts de son organisation. Nous les traduisons donc en les abrégeant :

Peu de jours après mon arrivée, la commission d'enquête nommée par la Diète vint à Yverdon et y resta cinq jours *. Ce furent des journées de malaise pour Pestalozzi et ses maîtres; on pressentait que la commission, qui s'en tenait uniquement aux résultats réellement constatables, ne ferait pas un rapport enthousiaste...

J'étais venu pour apprendre et pour me rendre utile. Je couchais dans un des dortoirs, je mangeais avec les enfants, j'assistais aux leçons, au culte du matin et du soir, et aux conférences des instituteurs. Au bout de quelques semaines, un soir que je me trouvais, avec Pestalozzi et les autres maîtres, à l'hôtel du Sauvage, où l'on se réunissait tous les quinze jours, Pestalozzi me prit à part dans une pièce voisine. Là, après quelques mots de préambule, il se mit à me parler de certains maîtres de l'institut avec une liberté qui me frappa d'étonnement : ce qu'il m'en dit était en complète contradiction avec le langage tenu dans le Rapport aux parents 2, mais non avec ce que j'avais pu observer par moi-même. Il conclut en proposant que mon ami (Przystanowski) et moi nous nous unissions à Schmid, de l'intelligence et de l'activité duquel il fit un grand éloge, pour mettre la main à une réforme radicale de l'institut. Cette proposition était pour moi si inattendue que je demandai le temps d'y réfléchir. Je communiquai la chose à mon ami, qui fut aussi surpris que moi. Ces circonstances nous conduisirent naturellement à entrer en rapports plus intimes avec Schmid; nous fûmes ainsi mis au courant des

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