‹ PestalozziChapitre 139 sur 201 · Le Père Girard dit « six jours · texte numérisé non relu

Le Père Girard dit « six jours

2. Il s'agit de la brochure Bericht an die Eltern und an das Publikum, rédigée par Niederer et publiée en 1808.

arcana imperii^t nous recherchâmes ensemble, en toute droiture, quels étaient les obstacles qui nuisaient à la prospérité de l'institut, et quels seraient les moyens d'y remédier.

Le premier inconvénient que nous proposâmes d'écarter fut celui qui résultait du mélange des élèves allemands et des élèves français ; on aurait créé, à cet effet, deux instituts au lieu d'un seul. Cette proposition ne put être exécutée, principalement à cause des difficultés extérieures, qu'il eût pourtant été possible de surmonter. Pestalozzi nous donna plus tard complètement raison sur ce point, comme le prouve un passage de ses Lebenssclucksale1. Un autre mal était l'absence de la vie de famille, au moins pour les plus jeunes élèves, de six à dix ans; je proposai à Pestalozzi de louer, pour ces enfants, une belle maison à quelque distance de la ville, où ils auraient pu avoir un genre de vie plus rapproché de celui du foyer domestique. Cette proposition n'aboutit pas non plus. Comme on peut le penser, ce fut l'occasion de parler longuement du côté faible de l'institut, l'absence de la vie de famille et l'impossibilité d'y suppléer. Nous fîmes encore une troisième proposition : comme il nous paraissait impossible que les idées de Pestalozzi pussent être réalisées à Yverdon, étant donné les circonstances, nous l'invitâmes à aller fonder en Argovie l'institut de pauvres, promis depuis si longtemps, et nous lui offrîmes à cet effet notre concours. Il ne voulut pas y consentir. Je regardai alors comme mon devoir, dans l'intérêt de l'enfant qui m'était confié, de quitter l'institut. Je n'ai aucune intention de justifier mon attitude dans ces circonstances en inculpant autrui; je dirai seulement un mot pour l'expliquer. A ce moment, Schmid et Niederer, si différents par les talents, le caractère et les tendances, étaient déjà en complète opposition; avec la meilleure volonté, il était impossible d'opérer une conciliation entre eux; il fallait prendre parti pour l'un ou pour l'autre. Pestalozzi lui-même tenait pour Schmid, dont l'activité résolue et infatigable m'était garante qu'il serait un auxiliaire énergique pour les réformes. Je me trouvai ainsi sans le vouloir en opposition avec SNiederer. Quoique je ne pusse partager ses opinions sur plusieurs points, j'aurais dû rendre justice à son enthousiasme et à son esprit de sacrifice. Je

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