Meine Lebenssckicksale, p
l'institut d'yverdon : première période (1805-1810). 281
me sentais attiré par la douceur de Kriisi; mais lui aussi était contre Schmid. Mon attitude d'observateur silencieux déplaisait aux plus jeunes maîtres : puis-je leur en savoir mauvais gré? J'aurais dû apprécier le zèle sincère, consciencieux, infatigable, de plusieurs d'entre eux, de Rhiïisauer par exemple, même lorsque leur enseignement ne m'offrait rien de neuf; mais, trompé par le Rapport, je m'étais attendu à trouver du nouveau partout. Malgré toutes les imperfections, toutefois, je serais sûrement resté plus longtemps à Yverdon, et j'y aurais travaillé avec un patient et persévérant espoir, si je n'avais pas regardé comme un devoir d'en éloigner l'enfant qui m'étais confié. Je quittai donc Yverdon en mai 1810. Bientôt après, le conflit, longtemps resté à l'état latent, éclata publiquement en hostilités passionnées l.
Le témoignage de K. von Raumer, en ce qui concerne les raisons pédagogiques de l'attitude d'opposition prise par Schmid, est confirmé par celui de Mieg, qui, dans une lettre à Lejeune de Francfort, du 9 juillet 1810 2, parle en ces termes : « Schmid exigeait absolument que Pestalozzi renvoyât tous les Français 3, et cela dans une ville française, dont la municipalité a tant fait pour lui; il déclarait que l'éducation, telle qu'elle est donnée dans les pensionnats, ne vaut rien; que ce qu'il faut, ce sont des externats, des écoles où les élèves iront recevoir l'instruction, mais que l'éducation doit être donnée dans la famille, etc. Il a annoncé que son intention était de faire imprimer ses idées sur ce sujet 4. »