‹ PestalozziChapitre 148 sur 201 · Erfahrungen und Ansichlen, p · texte numérisé non relu

Erfahrungen und Ansichlen, p

"2. Ibid., p. 145.

3. Les jugements portés sur l'écrit de Schmid par Niederer et Krùsi sont aussi beaucoup plus indulgents que ne pourrait le faire supposer leur attitude ultérieure à l'égard de son auteur. (Voir dans Morf, IV, p. 257, des extraits de lettres écrites par eux en novembre 1810.) Un fait significatif, c'est qu'en 1814 la brochure de Schmid est portée sur la liste des ouvrages en vente à l'institut d'Yverdon même. (Abs, Pcstalozzïs Anstrengungen fin- Menschenbildung, 1815, p. 19.)

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un tribut d'éloges à Niederer, « le premier de ses fils », à Krûsi, ce bon et simple comme un enfant », et aux autres maîtres, il s'écriait : ce Et toi, Schmid, que j'aimais tant, où es-tu? pourquoi ne te vois-je pas en ce jour parmi les miens *? »

Après la publication de sa brochure, Schmid, qui cherchait un emploi dans l'enseignement public, séjourna successivement à Munich et à Vienne. En 1842, le gouvernement bavarois 2 lui confia la direction d'une école à Bregenz. Un rapprochement commença alors à s'opérer entre lui et ses anciens collègues d'Yverdon 3. Il

1. Schmid, il faut le remarquer, n'a jamais désavoué les idées exprimées dans son opuscule de 1810. En 1847, dans sa brochure intitulée Pestalozzi und sein Neuhof, il en parle comme d'un document nécessaire à consulter pour la connaissance de l'histoire intérieure de l'institut d'Yverdon, et il ajoute : « J'ai d'autant plus le droit de renvoyer le lecteur à cet écrit, qu'on a pu à juste titre, dès cette époque, le regarder comme étant bien plus l'œuvre de Pestalozzi que la mienne. Le livre intitulé Pestalozzi'' s Lebensschicksale n'est rien autre chose que la confirmation pure et simple de la brochure publiée seize ans auparavant à Heidelberg. »

2. On sait que, depuis 1805, le Tyrol et le Vorarlberg avaient été détachés de l'Autriche et annexés à la Bavière.

3. Dans un nouvel écrit, publié en 1811, tout en maintenant sa condamnation des instituts en général, il dit, au sujet de l'institut d'Yverdon : « 11 y a clans la création de la maison de Pestalozzi quelque chose d'auguste et de sacré. Et ce souffle saint qui lui a donné la naissance anime encore l'àme du grand vieillard. Aussi, lorsque Pestalozzi nous dit : « Je veux être le « père de centaines d'enfants, et les élever avec des centaines « de frères », il est incontestable que cet homme est plus grand que celui qui n'est le père que d'un seul enfant; et l'enfant qui a appris de lui à être le frère de centaines d'autres, est plus grand et plus fort que celui qui n'est le frère que d'un seul. Il est permis à Pestalozzi de parler ainsi, et nous devons croire à sa parole, aussi longtemps qu'il conservera sa force. On me pardonnera donc de penser qu'il a le droit — mais lui seul — d'être le père de centaines d'enfants, et de dire que personne ne doit avoir la prétention de l'imiter, comme s'il était aussi pur que lui. » (Morf, IV, p. 393.)

n'avait pas cessé de correspondre avec Pestalozzi *. Dans l'automne de" 1812, il envoya de Bregenz à Yverdon le programme de son école; Niederer le lut, l'approuva et écrivit à Schmid pour le lui dire; Schmid répondit amicalement -. Les relations se trouvèrent ainsi renouées. Peu de semaines après, Schmid vint faire une visite à Yverdon, et y fut reçu à bras ouverts ; il donna dans l'institut des conférences auxquelles assistèrent les maîtres et les élèves adultes 3. Il v revint

1. Pestalozzi dit dans une lettre à Murait, du 17 juillet 1812 : « Schmid m'écrit toujours très amicalement; il travaille à sa manière avec beaucoup d'énergie, mais aussi avec énormément de présomption ». (Morf, IV. p. 394.)

2. Niederer écrit (14 novembre 1812) : « Cher monsieur Schmid, Dans votre activité actuelle je reconnais votre esprit et votre cœur, comme je croyais vous avoir connu jusqu'à une année avant votre séparation d'avec M. Pestalozzi... Vous connaissez mon opinion, et vous savez que je n'approuverai jamais votre attitude ultérieure, ni votre écrit sur les instituts, ni plusieurs des idées qui y sont contenues. Je vous le dis avec la franchise qu'un homme doit à un homme, et pour que vous ne vous mépreniez pas au sujet de la liberté que je prends de vous écrire. Ce n'est point une captatio benevolentiae, une tentative pour vous gagner. En revanche, je ne. vous cacherai pas davantage que ce que vous dites sur l'école élémentaire de Bregenz m'a paru vrai et excellent, et m'est allé au cœur. S'il dépendait de moi, je répandrais vos paroles dans le monde entier. Vous avez parlé là en homme, en chrétien et en éducateur, d'une manière digne d'un disciple de Pestalozzi. » (Wahrheit und lrrthum, p. S.) — Schmid répond (28 novembre 1812) : « Cher monsieur Niederer, Je vous remercie cordialement de votre bonne lettre. Vous me reconnaissez de nouveau dans mon activité actuelle; cela peut et doit nous rapprocher plus que nous ne l'avons jamais été. Les hommes peuvent différer d'opinion sur bien des choses, et par suite, s'engager dans des voies différentes; mais ils doivent être unis dans leur but, et s'ils ont l'esprit assez haut et assez libre, ils peuvent s'élever au-dessus de la différence des opinions; c'est là, s'il plaît à Dieu, ce qui arrivera aussi pour nous. « (M'orf, IV, p. 395.)

3. Note de Niederer, dans les Pestalozzi'sche Blàtter, t. I, p. 197.

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encore l'année suivante, comme nous le verrons tout à l'heure.

En avril 1811, la Diète suisse, réunie à Soleure, s'occupa du rapport des trois commissaires, imprimé et distribué aux gouvernements cantonaux l'année précédente. Elle jugea qu'elle n'avait aucune résolution à prendre, puisque Pestalozzi ne demandait rien, et que les commissaires ne proposaient rien; elle se contenta donc d'exprimer à Pestalozzi la reconnaissance de la patrie, et cette déclaration toute platonique termina l'affaire.

Mais, si les conséquences de l'enquête de 1809 furent nulles au point de vue des résultats officiels, il n'en fut pas de même quant à l'effet produit sur l'opinion publique. Le rapport du Père Girard fournit à ceux que la tentative de Pestalozzi avait choqués dans les préjugés de leur routine une occasion propice pour manifester leur mauvais vouloir.

Une première attaque parut au moment même où la Diète votait à Pestalozzi les remerciements dont nous avons parlé. Le numéro du 13 avril 1811 des Gôttingische gelehrte Anzeigen publia, sous la forme d'un compte-rendu du rapport, une dénonciation jésuitique où l'institut d'Yverdon était représenté comme « inspirant à ses élèves l'aversion pour le christianisme, la haine contre les autorités, le mécontentement contre les institutions sociales, et développant en eux des opinions révolutionnaires ». Ce pamphlet anonyme était l'œuvre du professeur Ch.-L. de Haller, de Berne. Pestalozzi et ses amis jugèrent qu'il était indispensable de se défendre contre une pareille agression. Sous ce titre : U Institut pestalozzien au public1, Niederer fit paraître, en août 1811 ,* une vigoureuse réponse ;

il y repoussait avec indignation les imputations de l'écrivain anonyme, et se livrait ensuite à une apologie en règle de l'institut et de la méthode, discutant point par point le rapport du Père Girard, et revendiquant surtout pour Pestalozzi le mérite de l'invention, que le cordelier fribourgeois lui avait dénié. Les trois commissaires, sommés par Niederer d'opposer aux calomnies du journal de Gœttingue une déclaration publique, répondirent (12 septembre) en disculpant l'institut des accusations portées contre lui par le professeur Haller, mais en maintenant les appréciations de leur rapport. Quelques jours plus tard, un nouvel adversaire entrait en lice contre l'institut : le chanoine (Chorherr) Bremi, de Zurich, publia dans trois numéros successifs d'un journal hebdomadaire zuricois, la Zùricher-Zeitung] de Bùrkli, trois douzaines de questions suscitées par la brochure de Niederer * ; il y traitait surtout de l'enseignement religieux, et il faut avouer que la plupart des arguments par lesquels il cherchait à prouver que les tendances de l'institut n'étaient pas véritablement chrétiennes portaient juste. Pestalozzi sentit combien cette intervention de l'ecclésiastique zuricois dans le débat était dangereuse pour sa cause; aussi fit-il les plus pressantes démarches pour obtenir de Bremi une rétractation ; n'ayant pu y parvenir, il essaya, sans plus de succès, de le traduire en justice; et ce ne fut qu'à la dernière extrémité qu'il se décida à publier une réponse, en laissant de côté, autant que possible, le terrain religieux où il se sentait embarrassé, et en s'adressant au patriotisme de ses concitoyens 2. Nieil. Bescheidene Fragen an das Pestalozzische Institut, veranlasst durch dessen Appellation an das Publikum.

2. Ein offenes Wort eines gekrânkten alten Patrioten an seine Vaterstadt.

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derer, pendant ce temps, faisait imprimer une seconde édition, considérablement augmentée, de sa brochure défensive, sous ce titre : V entreprise éducative de Pestalozzi et ses rapports avec la civilisation contemporaine ; première partie l (mars 1812) ; puis, sur une nouvelle attaque du chanoine 2, il écrivit une vive réplique, intitulée Justification définitive de l'institut pestalozzien contre ses calomniateurs, réponse aux questions et éclaircissements sur le libelle du sieur Bremi, chanoine à Zurich 3 (1813). Enfin, en juin 1813, parut, en un volume de 446 pages, la seconde partie de l'ouvrage L entreprise de Pestalozzi et ses rapports avec la civilisation contemporaine : c'est une réimpression de la réponse de Pestalozzi au chanoine Bremi et de l'écrit de Niederer Justification définitive, auxquels sont joints un certain nombre de documents explicatifs. Mentionnons encore une Lettre adressée par Pestalozzi au conseiller prussien Delbrùck (Brief an den Herm Geheimrath Delbrùck), qui fat imprimée en brochure en avril 1813, puis insérée dans le second volume de la publication de Niederer h.

Si nous avons donné tous ces détails, c'est que l'histoire de l'institut d'Yverdon pendant les années 1811, 1812 et 1813 se réduit à peu près à celle de cette polémique, qui absorba le meilleur des forces de Pestalozzi

1. Pestalozzïs Erziehiuigsunternehmung ïm Verhàltniss zur Zeitkidtur ; erste Abthe'dung ; Yverdon, 1 vol. de 454 pages.

2. Ueber die Schrift : Pestcdozzi's Erziehungsunternehmung, etc.

3. Schllessliche Rechf'ertigung des Pestalozzischen Institutes gegen seine Verldwnder durch Beantwortung der Fragen and Beleuchtung der Schmahschrift des Herm Bremi, Chorherm von Zurich, Yverdon, 1813.

4. Delbriick, ancien précepteur du prince de Prusse, était venu faire un séjour à Yverdon en 1812 pour y étudier la méthode; il y fut logé dans la famille de Guimps. (De Guimps, p. 183).

et de Niederer, et qui obéra d'une façon désastreuse le budget de l'établissement Une imprimerie et une librairie avaient été installées au château, pour l'impression et la vente des publications de l'institut; mais cette entreprise. 'loin d'être une source de bénéfices, devait se terminer plus tard par une liquidation ruineuse.

Une opération qui eût été plus avantageuse au point de vue financier eût été la conclusion d'un traité avec un éditeur pour la publication des œuvres complètes de Pestalozzi. Dans un voyage que Niederer fit à Stuttgart en octobre 1810, il parla de cette idée à Wangenheim 1 ; celui-ci offrit de trouver l'éditeur désiré. Par son intermédiaire, des négociations furent commencées avec le libraire Gotta en 1811, mais elles traînèrent en longueur pendant deux ans sans aboutir, par suite de la négligence et du manque de sens pratique de Niederer et de Pestalozzi, et furent enfin abandonnées.

Nous avons à mentionner encore un écrit de Pestalozzi qui appartient à cette période. Pendant une maladie qui dura plusieurs mois, et qui était la conséquence d'un accident fort singulier 2, il commença à rédiger une histoire de sa vie et de ses établissements. Cet écrit devait être intitulé : Pestalozzi malade au public (Der kranke Pestalozzi an das Publikum) L'auteur ne jugea pas à propos de le publier alors; mais ce travail, resté inédit, fut plus tard intercalé dans le Schwctnenyesang 3.

L'institut recevait toujours beaucoup de visiteurs. Pestalozzi, désormais, identifiait le succès de son établissement avec celui de ses idées ; il en faisait dépendre

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