Morf, IV, p
il dut annoncer à Pestalozzi qu'il lui était impossible de se rendre pour le moment à Yverdon l.
Mais, s'il n'avait pu obtenir le concours de Nabholz, Pestalozzi allait retrouver, par des circonstances imprévues, un collaborateur autrement précieux, le seul qui pût mettre efficacement la main à une réorganisation de l'institut. C'était Joseph Schmid. Les événements politiques ayant fait de nouveau passer Bregenz sous la domination de l'Autriche, Schmid se vit menacé dans sa position de directeur de l'école élémentaire de cette ville. Il écrivit à ses amis d' Yverdon (décembre 1814) pour leur faire part des difficultés de sa situation. Aussitôt Niederer entrevit la possibilité d'obtenir que Schmid rentrât à l'institut, et il se hâta de lui en faire la proposition :
Vraiment, la chose la plus importante que tu eusses à nous écrire est restée au bout de ta plume. C'est si important que mon cœur est tout transporté à cette idée. Si les difficultés que te suscite ton gouvernement pouvaient te déterminer à te réunir à nous, je les regarderais comme une œuvre de la Providence.
Tu sais ce que je t'ai toujours dit, ce que j'ai toujours voulu. Le moment est là maintenant, où je puis te prouver par des actes la sincérité de mes paroles. Je viens donc te déclarer que Pestalozzi et moi nous sommes prêts à tout pour te décider à revenir ici. Pour tout ce qui dépend de moi, tu peux t'en remettre à mon amitié; et quant à 'Pestalozzi, dès le premier mot, il s'est écrié : « Écris-lui : 0 Jésus, viens \ dis-le-lui avec ces propres paroles. »
La situation actuelle de l'institut se prête à merveille à ce projet; les difficultés économiques ont été écartées de manière à ne plus faire obstacle à la marche de l'établissement. Pestalozzi est complètement indépendant, tant à l'égard de sa famille que de son entourage. Beaucoup de personnes s'intéressent de nouveau à la chose. On annonce