Quelques citations suffiront
Niederer a écrit : « Par un côté de son caractère et de son esprit, Pestalozzi était profondément religieux, tandis que d'un autre côté ses idées et ses conceptions étaient irréligieuses et anti-chrétiennes. Il aurait dû fonder sur le christianisme l'éducation de la nature humaine dans son essence la plus intime : mais lui-même méconnaissait le point de vue chrétien. » ''Cité
l'institut d'yverdon : deuxième période (1810-1817), 345
par Heussler, Peslalozzi's Leistungen ira Erziehungsfacke, 183S, p. 81.)
Ramsauer s'exprime ainsi : « L'enseignement, qui ne visait qu'au développement de l'esprit, entretenait la vanité et l'égoïsme; le contrepoids que seul peut donner la crainte de Dieu dans les cœurs nous était inconnu. Au lieu de nous dire que celui-là seul peut enseigner avec fruit, qui a reconnu les vérités suprêmes et possède la foi, qui a compris que par lui-même il n'est rien et que c'est à Dieu seul qu'il doit reporter tout le bien qu'il lui est donné de faire, on nous répétait sans cesse que l'homme peut tout, qu'il n'a qu'à vouloir, qu'il doit tout trouver en lui-même, que ce n'est que sur lui-même qu'il doit compter pour se tirer d'affaire, etc. Si Pestalozzi, d'ailleurs si bon, avait su faire de la Bible le fondement de toute l'éducation morale et religieuse, certainement son institut subsisterait encore. Mais on ne faisait pas connaître la Bible aux élèves; si bien que moi qui ai été élevé dans cet établissement, qui y ai fait ma première communion, j'ai pu y mener pendant seize années une vie très active et irréprochable au point de vue moral, sans y avoir reçu la moindre notion de ce qu'est la Parole de Dieu. » (Kurze Skizze mêmes pàdagogischen Lebens, 1838, pp. 22-33.)
Blochmann écrit en 1846 : « La véritable lumière de la vie ne lui était pas apparue dans sa clarté et dans sa force victorieuse; il ne reconnaissait pas Christ comme son maître et seigneur en toute chose, il ne cherchait pas en lui seul toute liberté et toute rédemption. Ainsi s'expliquent tous les côtés sombres de sa vie et de son âme; c'est là en particulier qu'il faut chercher l'origine de la catastrophe finale. » (Heinrich Pestalozzi, zùge aus dem Bilde seines Lebens, p. 100.)
Voici enfin une déclaration de Pestalozzi lui-même, rapportée par Heussler : « Encore deux ans avant sa mort, Pestalozzi, diton, s'est exprimé à ce sujet en ces termes : « On m'accuse de « renier le Christ. Mais je ne le renie point. Je n'ai rien contre « le christianisme. Je crois que le christianisme pourra faire « usage de ma méthode élémentaire et de ses moyens d'ensei- « gnement. Du reste, le dogme de la Trinité ne se trouve pas « dans la Bible. » (Pestalozzi's Leistungen im Erziehungs fâche, p. 81.)