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L'iNSTiiiJï d'yvekôoN : dernière période (18U-1&25). 35S
du reste pas seul chargé du fardeau des affaires; après la retraite définitive de Niederer, Pestalozzi avait remplacé celui ci par un théologien allemand nommé Lange, qui se fit donner le titre de directeur des études, et qui se chargea de renseignement religieux; mais ce nouveau personnage ne sut pas conquérir l'autorité morale dont il aurait eu besoin, et, lorsque Schmid était absent, tout allait de travers. « Un jour, en rentrant à l'institut, il trouva plus de trente élèves punis des arrêts, et les maîtres dans un état qui lui parut mériter la même punition ; en même temps, venaient d'arriver des étrangers qui amenaient un élève; ils auraient désiré assister aux leçons, et il était impossible aux maîtres de les donner; cependant Schmid réussit, cette fois encore, à arranger l'affaire sans scandale public 1 . »
Fellenberg nous a conservé quelques vers écrits par Pestalozzi durant son séjour aux Bullets, et qui expriment d'une manière touchante les sentiments du vieux solitaire. En voici la traduction :
Arc-en-ciel, arc-en-ciel, — tu annonces la félicité divine! — Fais luire pour moi aussi de tes couleurs - le doux éclat, brille dans — la tempête qui remplit ma vie! — Annonce-moi un meilleur jour, — arc-en-ciel, arc-en-ciel!
Dans les jours d'orage — Dieu m'a soutenu ! — Mon âme, loue l'Éternel! — Dois-je mourir — avant que tu m'appa-
1. Même Lebensschicksale, t. XV, p* 80. Lange raconte dans ses Souvenirs des choses plus graves encore; il prétend que certains maîtres de l'institut avaient une conduite irrégulière au point de vue des mœurs. Voici ses propres paroles : « Am gesunken-^ sten waren die sogenannten Erwachsenen. Unter dem Vorwande einen Theil der Nacht fur ihre Schularbeilen zu verwenden, verliessen sie heimlich das Schloss und gingen auf Wollustwegen aus. » (Evinnerungen aus rneinem Schidleben, par le Dv Lange, Potsdam5 1855.)
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raisses — et que tu m'apportes la joie — et le jour meilleur? — dois-je boire jusqu'au fond — la coupe de la discorde, — la coupe de l'inimitié irréconciliable — jusqu'à la lie? — dois-je mourir, sans que la paix — vienne, la paix que je cherche? — Je reconnais ma faute, — je reconnais ma faiblesse; — avec amour et avec larmes — je pardonne à tous leur faute. — Dans la mort du moins je trouverai la paix, — et c'est dans la mort que luira — pour moi mon meilleur jour! — ■ Messager des jours meilleurs, — alors tu brilleras serein — sur ma tombe solitaire, — arc en-ciel, arc-en-ciel!
Gomme la neige fraîchement tombée, — comme les clairs flocons de l'hiver, — qui, à la mort de mon épouse, — brillant doucement au soleil, — tombaient sur sa fosse entr'ouverte : — arc-en-ciel, arc-en-ciel, — brille aussi pour moi — d'un doux éclat, quand je mourrai. — Dans les jours d'orale — Dieu m'a soutenu ! — Mon àme, loue l'Eternel 1 !
1. Ces vers se trouvent dans la brochure Pestalozzïs unedirte Briefe, p. 17. Nous les donnons ci-après dans la langue originale :
Regenbogen, Regenbo°:en.
DU verkùndest Goltes Wonne !
Schein auch mir mit deiner Farben Mildera Glanze, schein in meinen Wilden, lebenslaniren Sturrn !
Kûnde mir den bessern Morgen, Kùnde mir den bessern Tag.
Regenbogen, Regenbogen !
In der Stùrme Tagen Hat mich Gott gelragen.
Meine Seele lobe Gott!
Muss ich sterben Eh' du mir erscheinst.
Und mir Freuden bringst Und den bessern Tag ; Muss ich austrinken Den Kelch des Zanks.
Den Kelch des Unversôhniichkeit Bis auf seine Hefen?
Muss ich sterben, eh' mein Friede Kommt, der Friede, den ich suche ?
Ich erkenne meine Schuld, Ich erkenne meine Schwache, Und in Liebe und mit Thrânen Verzeih' ich Allen ihre Schuld ;
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Le départ de Pestalozzi pour les Bullets avait interrompu les négociations relatives au règlement du compte de Mme Niederer. Mais la correspondance à ce sujet fut reprise dans la seconde semaine d'août» Mmo Niederer envoya (12 août) le compte qu'elle avait préparé : elle réclamait, pour ses appointements comme institutrice, une somme de 1776 francs, dont elle déduisait les acomptes reçus, s'élevant ensemble à 444 francs ; elle y ajoutait un supplément de 351 francs pour divers postes dont elle donnait le détail. La somme totale redue par Pestalozzi était de 1683 francs \ Mme Niederer avait joint à sa note une lettre écrite en termes modérés et raisonnables, où elle faisait l'histoire de la cession de l'institut de jeunes filles, et rectifiait sans aigreur ni passion quelques erreurs de mémoire de Pestalozzi. En ce qui concerne spécialement la question financière, elle expliquait qu'elle entendait payer la valeur des huit lits appartenant encore à Pestalozzi, et que cette valeur devait être déduite de la somme
Doch im Todc fincl' ich Frieden, Und im Tode wird erscheinen
Mir mein bessrer Tag!
Kùnder meiner bessera Tage, Lieblich wirst du dann erscheinen Ueber meinen ôden Gruft, Regenbogen, Regenbogen !
Wie der frischgefallne Schnee, Wie des Winters helle Flocken, Die beim Tode meiner Gattin, In der Sonne lieblich glànzend, Sanken auf ihr offnes Grab :
Regenbogen, Regenbogen, So erscheine dann auch mir, Lieblich, lieblich, wenn ich sterbe.
In der Stùrme Taa;en
Hat mich Gott getragen.
Meine Seele lobe Gott!
1. Biber, Beitrag etc., pp. 197-199. Schmid, Wahrheit und Irrtkum, pp. 50-52.
indiquée ci-dessus ; quant à la rétribution due pour les leçons que les maîtres de l'institut avaient données à ses élèves, elle disait que Niederer ayant renoncé, dès le 1er juillet 1814, au logement et à l'entretien qui lui étaient dus en sus de son traitement, Pestalozzi avait consenti à regarder cette renonciation comme l'équivalent du prix desdites leçons 1 .
Au reçu de cette lettre, Pestalozzi répondit (15 août) que pour pouvoir vérifier le compte qui lui était présenté, il faudrait que les livres de l'une et de l'autre partie fussent mis en présence et comparés, et qu'il fût fait appel aux souvenirs de son ami Mieg. « Mais, ajoutait-il, je crois avoir toujours agi paternellement envers Mme Niederer, et je veux encore agir paternellement aujourd'hui. Faites traite sur moi en attendant, si Mme Niederer croit que je suis son débiteur. J'envoie à Schmid Tordre de tout payer; s'il plaît à Dieu, nous allons pouvoir ne plus parler de cette affaire 2. »
Le lendemain, Niederer annonça qu'acceptant l'offre de Pestalozzi, il allait tirer sur lui, à la fin du mois, pour la somme de 1280 francs de Suisse (80 louis) : c'était le montant approximatif de la créance de Mme Niederer, déduction faite de la valeur des huit lits ; il déclarait aussi accepter l'examen réciproque des livres et l'intervention amicale de Mieg. Mais il ajoutait qu'il considérait dès maintenant sa créance comme valable en droit, indépendamment des sentiments paternels de Pestalozzi; et il le priait, si précieux que ces sentiments dussent être pour lui Niederer, de ne point les mêler à un litige financier où ils n'avaient rien à faire 3.
1. Biber, Beitrag etc., pp. 201-213, Schmid, Wahrheit etc., pp. 53-59.