‹ PestalozziChapitre 166 sur 201 · Ibid., pp · texte numérisé non relu

Ibid., pp

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au rang de maîtres pour combler les vides qui s'étaient faits dans le personnel, se « mirent en grève » ; ils refusèrent tout service à moins qu'on n'augmentât leur traitement de moitié ; puis, après avoir reçu satisfaction sur ce point, ils demandèrent d'être admis tous les jours « à prendre le café après dîner avec Pestalozzi », en témoignage de la considération qui leur était due *. Cette « révolution du café », toute ridicule qu'elle fût, eut des suites graves : Péstalozzi, qui était malade, et que le triste débat avec Niederer avait beaucoup surexcité, fut pris d'un accès de délire qui fit craindre pour sa raison; et Schmid ne trouva pas d'autre moyen de le calmer que de l'emmener, dès le lendemain matin, dans un petit village situé sur les hauteurs du Jura, les Bullets, au-dessus de Grandson. « L'air vif de la montagne, raconte Péstalozzi, agit si promptement sur mon système nerveux que le danger d'un dérangement intellectuel fut presque instantanément conjuré; mais je restai très longtemps dans un état de faiblesse d'esprit, ou plutôt d'absence d'esprit, joint à un très haut degré d'angoisse et de découragement 2. » Péstalozzi passa quelques semaines aux Bullets dans la solitude. « Je m'y sentais, dit-il, comme délivré et inexprimablement heureux. Mais je ne voulais plus retourner dans ma maison; pendant des semaines je ne voulus plus même en entendre parler. Il me semblait, dans l'état de surexcitation où je me trouvais, que c'était un enfer d'où j'avais eu le bonheur de m'échapper 3. » Schmid montait presque tous les soirs d'Yverdon, passait la nuit aux Bullets, et redescendait le matin reprendre sa tâche à l'institut. Il n'était

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