Ibid., p
recueillir chez lui quelques enfants pauvres, pour les occuper à ce travail facile et qui devait devenir promptement rémunérateur : ce devait être là, à ses yeux, une heureuse spéculation industrielle doublée d'une bonne action *. Mais il se trouvait, à ce moment même, absolument à bout de ressources ; les dettes s'étaient accumulées depuis plusieurs années, et s'élevaient à 15 000 florins. La jeune Mmc Pestalozzi obtint de sa famille, à titre d'avance sur sa part d'héritage, une somme assez considérable; la mère vint aussi en aide à son fils, dans la mesure de ses forces 2. Il fut ainsi possible de satisfaire les principaux créanciers, et Pestalozzi ne se trouva plus débiteur que de 4000 florins 3. C'est alors que, pour obtenir les fonds nécessaires au développement de sa nouvelle entreprise, il résolut de faire appel à la générosité du public.
En 1774, il s'était rendu pour la première fois à la réunion de la Société helvétique à Schinznach, et s'était fait inscrire au nombre des membres de l'association; il avait dû à cette circonstance de faire la connaissance d'Iselin 4, le philanthrope bâlois, dont
« Des enfants indigents devaient être arrachés à la mendicité, apprendre à gagner eux-mêmes leur pain, et rembourser ainsi les frais de leur éducation, en procurant même un bénéfice à l'entrepreneur. L'idée était neuve, grande, et révélait un génie de premier ordre dans le domaine de la civilisation. » (Pestalozzïsche Bliitter de Niederer, 1828, p. 98.)