‹ PestalozziChapitre 28 sur 201 · Œuvres, éd. Seyffarth, t. VIII, p. 25o · texte numérisé non relu

Œuvres, éd. Seyffarth, t. VIII, p. 25o

tous les enfants de son âge, mais cela ne m'inquiète pas; je ne lui fais passer aucun examen, parce que je désire qu'il vive sans souci, et il m'est absolument indifférent qu'on le trouve' ignorant ou qu'on déclare que ce qu'il sait n'est rien. Il me suffit de constater que ce qu'il sait, il peut s'en servir, et j'ai plaisir à penser que les choses que sa propre expérience lui enseigne entrent dans une tête non encombrée, où il y a de la place, tandis que nous autres, dans notre enfance, nous n'avions plus une seule petite place dans notre cerveau pour y loger le fruit de nos expériences, parce que tout était déjà occupé par les connaissances artificielles qu'on y avait fait entrer de force * .

La mère était moins enthousiaste que le père de l'éducation négative à la Rousseau. Emmanuel Frohlich raconte ce qui suit dans ses Souvenirs : « Mmc Pestalozzi me dit une fois que son fils avait déjà atteint depuis longtemps l'âge où il eût dû aller à l'école sans que son père songeât à l'y envoyer. Il disait toujours : « C'est la nature qui fait tout ». En conséquence, elle lui avait enseigné elle-même à lire et à écrire, mais en cachette, à l'insu de son mari 2. »

A la fin de l'année 1782, Pestalozzi se décida tout à coup, on ne sait pour quelle raison, — peut-être à Cause du mauvais état de la santé de sa femme et de la façon dont il était absorbé lui-même par ses travaux littéraires, — à envoyer son fils continuer son éducation hors de la maison paternelle. Selon une tradition adoptée par tous les biographes, jusques et y compris MM. Morfet Mann, Jacques aurait été mis en pension dans l'institut de Pfeffel 3 à Colmar, et y serait resté plu-

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