‹ PestalozziChapitre 5 sur 201 · Schwanengesang, p · texte numérisé non relu

Schwanengesang, p

2. Gerwe, vieille forme pour Gerbe ou Gerberei. Dans une lettre à Sulzer, Bodmer appelle cette société « die politische Gesellschaft, die sien auf der Gerberzunft versammelt». Voici du reste la traduction du passage de cette lettre qui y est relatif : « J'ai divisé la société politique qui se réunit au local delà corporation des tanneurs en deux classes, celle des membres ordinaires et celle des membres honoraires. La première se compose de jeunes gens intelligents, qui prennent l'engagement de présenter certains travaux. La seconde forme le parterre; néanmoins les membres de cette classe ont aussi la permission de travailler, de faire des

par Bodmer à la même époque, groupait les jeunes patriotes; à ce cénacle appartenaient entre autres le théologien Lavater ', le futur peintre Henri Fùssli 2, Bluntschli, les aînés de Pestalozzi de quelques années , ainsi que ses camarades d'études Jean-

lectures et de juger; mais ils peuvent se taire sans encourir de blâme. Certaines gens ne voient point de bon œil cette société devenir nombreuse; car ils la trouvent dangereuse, parce qu'on y examiné des principes de politique et que cela peut conduire plus loin qu'on ne voudrait. Mais la société est trop forte, et animée de trop bonnes intentions, pour qu'il soit possible de sévir contre 'elle. » (Lettre à Sulzer du 4 septembre 1765, publiée par Mme Zehnder-Stadlin, Pestalozzi, 1875, p. 416.)

1. Jean-Gaspard Lavater (1741-1801), après s'être expatrié quelque temps à la suite de l'affaire Grebel (voir à la page suivante), revint à Zurich, fut nommé diacre (1769), puis pasteur, et se fit une grande réputation comme écrivain. Le nombre de ses ouvrages est considérable : nous citerons seulement ses Chansons suisses (1761), ses Vues sur V éternité (1768-1773) et ses Essais physiognomoniques (1775-1778). Quoique les jdées mystiques par lesquelles il se laissa de plus en plus dominer l'eussent conduit à des vues bien différentes de celles de Pestalozzi, il témoigna toujours à celui-ci beaucoup d'amitié. Dans les derniers temps de sa vie, il exprima son admiration pour lui dans ces vers souvent cités, et qui ont été publiés par Grimer {Briefe aus Burgdorf, 1804, épigraphe) :

Einzisrer, oft Misskannter, doch kochbewundert von Vielen, Schneller Versueher dessen, was vor dir Niemand versuchte, Schenkc Gelingen dir Gott. und krone dein Alter mit Ruhe!

(Homme unique, souvent méconnu, mais que beaucoup admirent,

Prompt essayeur de ce que nul avant toi n'avait essayé,

Que Dieu t'accorde la réussite, et couronne de repos ta vieillesse !)

2. Henri Fiissli (1742-1825), fils du peintre Jean- Gaspard Fùssli, s'expatria^ en même temps que Lavater, mais ne revint pas à Zurich et fit sa carrière à l'étranger. Après avoir séjourné à Berlin et à Vienne, il étudia la peinture en Angleterre, puis résida huit années à Rome. A son départ de cette ville, il vint passer quelques mois à Zurich (1778), et s'y rencontra avec Pestalozzi (voir p. 44). Retourné en Angleterre, il y acquit une grande réputation, devint membre de l'Académie royale de peinture (1788), puis professeur à cette Académie en remplacement de Benjamin West, et enfin directeur de cet établissement.

Henri Fùssli \ Gaspard Schulthess, Pfenninger ~, Schinz 3.

En 1762 , un écrit anonyme , émanant de deux membres de ce petit cercle, dénonça à l'opinion publique les méfaits d'un bailli nommé Grebel, qui depuis six ans se livrait à de scandaleuses malversations dans le district dont l'administration lui avait été confiée par les magistrats zuricois 4. Cette dénonciation fit beaucoup de bruit; le gouvernement de Zurich se vit obligé de punir le coupable et de le forcer à restitution, mais les auteurs de l'écrit anonyme, LavateretH. Fùssli, qui s'étaient fait connaître sur la sommation de l'autorité, furent aussi traités en coupables : on les contraignit de faire amende honorable pour s'être mêlés de ce qui ne les regardait pas. Les jeunes patriotes ne se laissèrent pas intimider par cette sévérité. En 1764, l'un d'eux, Vogeli, démasqua un autre administrateur infidèle, l'échevin Brunner. L'année suivante, deux habitants du village de Dâttlikon, à l'instigation de Lavater et de Schinz, dénoncèrent la conduite scandaleuse de leur pasteur, Hottinger; et comme l'autorité semblait faire la sourde oreille, une lettre anonyme menaçante fut déposée dans la chaire de Fantistès Wirz, réclamant justice. Le gouvernement zuricois s'exécuta, mais de mauvaise grâce. Le pasteur Hottin-

Page 1