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Morf, I. pp

BURGDORF, LA « MÉTHODE » (1799-1801). 147

Celui-ci en conserva la direction jusqu'en 1802, époque où l'établissement cessa d'exister.

Sur ces entrefaites, le Directoire helvétique fut renversé par un coup d'État (7 janvier 1800), contre-coup de celui du 18 brumaire en France. Le parti des ce patriotes », que dirigeait Laharpe, dut céder le pouvoir à celui des ce modérés », et les Conseils remirent le gouvernement à une Commission executive de sept membres. Rengger et Stapfer, toutefois, conservèrent leurs ministères.

Pestalozzi, dans son école de Burgdorf, avait continué à travailler à la rédaction de ses cahiers d'épellation et de calcul. Ayant dû renoncer définitivement à l'espoir de reprendre son œuvre à Stanz, il songeait maintenant à réaliser son ancien projet : la création d'un institut d'éducation à Neuhof; il désirait en outre publier les livres élémentaires dont il préparait les matériaux. Il s'adressa de nouveau à l'amitié de Stapfer. Le ministre clés arts et sciences, toujours zélé pour la réussite d'une œuvre qu'il jugeait bonne, demanda à la Commission executive d'accorder à Pestalozzi une avance de 1600 francs de Suisse (100 louis), payables en dix versements trimestriels de 160 francs; cette avance était destinée à permettre de commencer l'impression des livres élémentaires, et à aider à la fondation d'un institut d'éducation; pour faciliter la construction du bâtiment nécessaire, il demandait en outre que le gouvernement mît gratuitement à la disposition de Pestalozzi 200 arbres à prendre dans les forêts nationales aux environs de Neuhof. La Commission executive accorda l'avance de 1600 francs; quant au bois de construction, elle répondit que « le triste état des forêts nationales dans l'Argovie ne permettait pas d'y faire de coupes », mais que les arbres pour-

raient être pris dans les forêts d'un autre canton, au choix de Pestalozzi (25 février 1800) K

Pestalozzi exprima sa reconnaissance à la Commission executive par la lettre suivante :

Citoyens membres du gouvernement, jusqu'à cette heure j'avais craint de devoir mourir sans que ma patrie m'accordât son appui pour atteindre ce qui a été le but unique de ma vie. Vous pouvez juger, citoyens membres du gouvernement, combien mon cœur est transporté et combien je vous suis reconnaissant d'avoir, par votre décision, effacé ce doute de mon àme. Respect et fidélité à la patrie.

Pestalozzi, Burgdorf, 6 mars 1800 2.

La création de l'institut était donc assurée, mais il fallait renoncer à l'installer à Neuhof, puisqu'on ne pouvait prendre du bois de construction dans les forêts de l'Argovie. La difficulté de trouver un autre emplacement allait retarder de quelques mois encore la réalisation du projet.

Cependant l'année scolaire était achevée, et à la fin de mars 1800 eut lieu, devant les membres de la commission scolaire de Burgdorf, l'examen des élèves de l'école enfantine où Pestalozzi avait enseigné huit mois durant. C'était là une épreuve décisive, qui devait permettre de juger, par des faits palpables, de la valeur des procédés du maître. Les résultats de l'examen sont consignés dans une déclaration de la commission, adressée à Pestalozzi; voici ce qu'on y lit :

Ce que vous vous promettiez de votre méthode d'enseignement s'est réalisé, autant que nous pouvons en juger. Vous avez fait voir quelles forces existent déjà dans les plus

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