Ibid., p
un étudiant en théologie qui avait, pendant plusieurs années, exercé les fonctions de précepteur; en ce moment, il était placé à la tête d'un institut où avaient été recueillis quelques enfants pauvres venus de la Suisse orientale, comme ceux que Krïisi avait amenés à Burgdorf. Il indiqua à son ami, pour l'emploi de maître de dessin et de chant, un jeune Wurtembergeois nommé Buss, qui travaillait alors à Bâle dans un atelier comme ouvrier relieur, mais qui avait fait quelques études, connaissait la musique et aimait à dessiner. Aux premières ouvertures que Krïisi fit à Buss, celui-ci accepta avec joie et, « sans s'informer du salaire ni des conditions, il accourut auprès de Pestalozzi i ». Tobler lui-même, qui connaissait Pestalozzi de réputation, et avait entendu parler de ses expériences pédagogiques, fut très frappé de ce que lui en dit Krùsi; mais il ne put se décider sur-le-champ à abandonner son école. Son irrésolution dura quelques semaines; après quoi, cédant au désir qu'il éprouvait d'apprendre à connaître de plus près la nouvelle méthode, il quitta Bâle à son tour pour rejoindre Pestalozzi.
Aucun des biographes de Pestalozzi n'a donné d'indications précises sur la date de l'arrivée de Buss et de Tobler à Burgdorf. M. Morf 2 place le voyage de Krùsi à Bâle «dans les vacances d'été », c'est-à-dire en juillet ou en août. Or, il résulte d'une lettre de Krùsi publiée par M. Morf lui-même dans son second volume que ce voyage eut lieu au milieu de mai 3; Buss doit donc être
1. Krïisi, Erlnnerungen ans meinem padagogischen Leben, 1840, p. 15.
3. « Je suis allé à Bâle la semaine dernière », écrit Krusi le 21 mai. (Morf, II, p. 59.)
BURGDORF, LA « MÉTHODE » (1799-1801). 157
arrivé à Burgdorf en mai, et Tobler en juin ou juillet. Ces dates s'accordent bien avec le témoignage de Pestalozzi, qui en janvier 1801 dit que Tobler et Buss sont avec lui depuis huit mois *.
(( Notre association, dit Krûsi, se composait désormais de quatre membres, bien dissemblables entre eux et réunis par un singulier concours de circonstances : un fondateur, qui à sa haute réputation d'écrivain joignait celle d'un songe-creux et d'un homme incapable de rien de pratique, et trois jeunes gens : un précepteur qui, après une jeunesse négligée, s'était lancé tout à coup dans les études universitaires, et que son goût portait vers les expériences pédagogiques ; un relieur, qui consacrait ses heures de liberté à cultiver le chant et le dessin, ses délassements favoris; et un instituteur de village, qui exerçait son métier de son mieux sans l'avoir appris 2. »
Cependant, au commencement de juin 1800, le ministre Stapfer, le sous-préfet Schnell et quelques autres hommes d'initiative avaient fondé une ce Société des amis de l'éducation 3 ». A peine constituée, cette Société chargea une commission d'aller étudier sur place la tentative pédagogique de Pestalozzi. Avant de se rendre à Burgdorf, la commission invita Pestalozzi à lui adresser un court résumé « de ses principes et de ses procédés ». Il prit la plume, et rédigea un mémoire d'une vingtaine de pages, qui porte la date du 27 juin 1800; c'est là qu'on trouve pour la première fois un exposé cle ce qu'il appellera désormais « sa méthode ».
Quelques mois auparavant, de son propre aveu, il