‹ PestalozziChapitre 79 sur 201 · Ibid., pp. 26-27. — 3. IbuL. p · texte numérisé non relu

Ibid., pp. 26-27. — 3. IbuL. p

doctrine psychologique. Mais ce vieil axiome, il n'a pas la prétention de l'avoir inventé, il le répète de confiance. Ce qui constitue son originalité, ce n'est pas d'avoir dit : « L'intuition est la source de nos connaissances», on l'avait dit avant lui; c'est d'avoir affirmé qu'il existe pour les intuitions une méthode naturelle de classement, selon laquelle elles doivent être disposées en séries pour être présentées à l'esprit de l'enfant, et que la découverte de cette méthode doit transformer l'éducation en un art ayant ses lois certaines ; c'est, en d'autres termes, et en prenant le mot dans son acception la plus élevée, d'avoir tenté de « mécaniser l'éducation » .

Pestalozzi avait maintenant deux auxiliaires qui partageaient avec lui le fardeau de l'enseignement, et un collaborateur lettré pouvant l'aider dans la rédaction des livres dont il méditait la publication. Il lui restait à trouver un local plus vaste, qui permît de donner plus d'extension à son entreprise pédagogique. Il s'adressa de nouveau à Stapfer; et, par arrêté du 23 juillet 1800. le gouvernement helvétique lui accorda la jouissance gratuite du château de Burgdorf et d'une partie du jardin qui en dépendait, ainsi qu'une certaine quantité de bois de chauffage. Pestalozzi installa aussitôt son école dans les salles du château, et c'est là que la commission de la Société des amis de l'éducation vint lui rendre visite (août ou septembre). Le rapport de cette commission, rédigé par Lùthi, de Soleure, membre du Conseil législatif, fit le plus grand éloge de la méthode de Pestalozzi et des résultats qu'elle avait permis d'obtenir 1 . Il débute ainsi :

1. Ce rapport porte la date du 1er octobre 1800. M. Morf en a publié des extraits assez étendus, t. I, pp. 240-242.

BURGDORF, LA «f MÉTHODE » (1799-1801). 161

Nous avons remarqué tout d'abord que les enfants de l'établissement de Pestalozzi apprennent, dans un temps très court, à épeler, à lire, à écrire et à calculer dans la plus grande perfection. Six mois suffisent pour les amener au degré où un instituteur de village aurait mis trois ans à les conduire. Il est vrai que les instituteurs de village ne sont ordinairement pas des Pestalozzi, et qu'on ne trouve pas non plus tous les jours des auxiliaires tels que ceux que Pestalozzi a trouvés. Mais il nous semble néanmoins que ce n'est pas au personnel enseignant que sont dus ces résultats extraordinaires, et que c'est à la méthode d'enseignement qu'il faut les attribuer.

Entrant ensuite clans le détail de ce qu'elle a vu, la commission raconte que, dans une première classe, elle a trouvé les plus jeunes élèves occupés à épeler et à calculer avec des lettres mobiles; dans une seconde classe, les élèves plus avancés dessinaient l'alphabet sur des ardoises, et s'exerçaient à la lecture. Tous les enfants furent ensuite réunis clans la grande salle, où, rangés en ordre de bataille, ils exécutèrent des évolutions en marchant au pas et en chantant des airs suisses pour marquer la mesure.

La Société des amis de l'éducation, après avoir pris connaissance de ce rapport, décida d'inviter le gouvernement à donner un appui efficace à l'entreprise de Pestalozzi; elle résolut en même temps de publier elle-même un appel en faveur d'une œuvre qu'elle déclarait éminemment utile et patriotique. Schnell, qui depuis plus d'une année suivait avec un intérêt croissant la tentative du réformateur, fit paraître de son côté une brochure intitulée Lettre du sous-préfet de Burgdorf à un ami sur V école de Pestalozzi ', dans

Ï.Schreiben des Bezirksstatthalters von Burgdorf an seinenFreund K. iiber Pestalozzi'' s Lehranstalt; Berne, H. Gessner, 1800. Cette brochure est devenue très rare; le texte en a été réimprimé dans les Pestalozzi-Blatter. 1888, pp. 53-58.

laquelle il se prononça chaleureusement en faveur de la méthode nouvelle. Enfin, le Conseil exécutif de la République helvétique alloua à Pestalozzi, pour le semestre d'hiver qui allait s'ouvrir, une subvention de 500 francs ».

Encouragé par ces marques de faveur, Pestalozzi prit une résolution décisive. Jusqu'à ce moment, il n'était qu'un maître d'école au service de la commune de Burgdorf. Il voulut avoir un établissement à lui. Il se démit de ses fonctions d'instituteur public, et, le 24 octobre 1800, il annonça par la voie des journaux l'ouverture, au château de Burgdorf, d'un institut d'éducation, comprenant deux sections, un pensionnat de jeunes garçons (internat) et une école normale d'instituteurs (externat) ; il fut question un moment d'y joindre aussi un orphelinat, mais les ressources manquèrent pour l'organiser. Le prix maximum de la pension était fixé à 20 louis 2; la rétribution pour le cours de l'école normale, qui devait durer trois mois et ne comprendre que douze élèves à la fois, à 2 louis 3.

Pour organiser un internat, il ne suffisait pas d'avoir des maîtres : il fallait un personnel féminin propre à diriger l'administration intérieure de la maison. Tobler, qui était retourné à Bàle en septembre, en ramena le mois suivant sa cousine, personne d'âge et d'expérience; en même temps arrivèrent une sœur de Krùsi et une sœur de Buss.

Il ne manquait plus que des élèves. Pestalozzi comptait, pour les obtenir, sur le patronage de la

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