‹ PestalozziChapitre 90 sur 201 · lbid., p · texte numérisé non relu

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ques aux mères, ses plaidoyers chaleureux en faveur du pauvre peuple ignorant et abruti qu'il voudrait élever à une condition humaine, ses invectives passionnées contre le péclantisme routinier qui tue en l'homme les forces vives de l'esprit, sont d'un grand cœur et d'un esprit élevé. Il parle en apôtre et en voyant plutôt qu'en philosophe, mais il est guidé par un instinct supérieur, qui lui donne l'intuition du vrai. Même lorsqu'il semble se complaire en quelque paradoxe, sa pensée, au fond, reste juste et droite. Que de vérité, par exemple, dans cette boutade faite pour scandaliser un lecteur superficiel :

L'invention de l'imprimerie, en facilitant d'une manière incroyable l'acquisition d'un savoir de mots, auquel on a attribué toutes les vertus, a produit d'étranges conséquences... Elle en est arrivée à faire perdre presque complètement aux hommes l'usage de leurs cinq sens, et, en particulier, à réduire le rôle des yeux, de l'instrument le plus général de l'intuition, à l'étude de l'idole nouvelle, le livre; si bien que nos yeux, perdant l'habitude de regarder le monde sensible qui nous entoure, n'ont plus su regarder que des lettres. La Réforme a complété ce que l'imprimerie avait commencé, en donnant la parole à la sottise publique sur des questions abstraites que la sagesse humaine ne résoudra jamais *.

Nous citerons, pour terminer, un passage qui nous paraît caractériser d'une façon remarquable la pensée intime de Pestalozzi, et où nous retrouvons bien l'auteur de Léonard et Gertrude :

Le but essentiel de ma méthode est celui-ci : rendre accessible au peuple l'enseignement domestique, qui lui était interdit; permettre à toutes les mères qui sentent leur cœur battre pour leur enfant de suivre cette méthode sans

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