‹ PestalozziChapitre 97 sur 201 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

BURGDORF ET MÛNCHENBUCHSEE (1801-1805). 185

gner à épeler et à lire l, imprimée à Berne aux frais du gouvernement helvétique. Elle comprend une préface, des listes de syllabes et de mots, et plusieurs tableaux de lettres destinées à être découpées et collées sur carton pour former des alphabets mobiles.

Le 28 octobre 1801 eut lieu à Berne un nouveau coup d'État opéré, comme le premier, à l'instigation de Bonaparte. Au 7 janvier 1800, les unitaires « modérés » avaient renversé du pouvoir les unitaires ce jacobins » ou « patriotes »; au 28 octobre 1801, ce fut l'unitarisme lui-même qui fut vaincu par les partisans de l'ancien régime. Le pouvoir exécutif, qui prit le nom de Petit Conseil, fut présidé par un landamman; et ce landamman fut Reding, l'ancien chef des insurgés schwytzois. Les dîmes et les cens furent rétablis. Pendant les six mois que dura la domination des octobristcs, le gouvernement ne fit rien pour Pestalozzi ; Mohr avait dû quitter le ministère des arts et sciences, qui fut réuni à celui de l'intérieur, et la nouvelle administration était animée de dispositions peu bienveillantes envers un homme en qui elle voyait surtout l'ancien protégé du Directoire helvétique, l'ancien rédacteur du Helvetisches Volksblatt. Le patricien bernois Bonstetten, qui visita l'institut en novembre 1801, disait dans une lettre à Frédérique Brun, en manifestant l'admiration que lui inspirait Pestalozzi : ce Qu'importe son opinion sur les dîmes et les cens! Cet homme a dévoué sa vie depuis quarante ans à l'éducation des enfants pauvres : que celui qui

1. Anvieisung zum Buohstabieren und Lesenlernen. Le Musée pédagogique de Paris possède un exemplaire de cet ouvrage.

est sans péché lui jette la première pierre 1 ! » Mais ce n'était là qu'une voix isolée dans un parti où l'animosité contre le ce démocrate » allait jusqu'aux plus sanguinaires menaces, ce Dans tous les villages du voisinage, écrit Pestalozzi vers cette époque à son ami Schnell, on prétend que c'est. moi qui suis cause de la venue des Français dans le pays, et on dit publiquement qu'on m'assommera à la première occasion 2. » La lettre de Bonstetten dont nous venons de parler nous apprend que le nombre des élèves de l'institut était, à ce moment, de quarante- huit; quanta l'école normale, elle n'avait pu s'organiser encore : seul, un jeune instituteur du canton cl' Argovie était venu passer quelque temps à Burgdorf pour étudier la méthode. C'est vers cette époque, dans les derniers jours de 1801, que la jeune veuve de Jacques Pestalozzi quitta Neuhof avec sa fille Marianne, âgée de six ans 3, pour venir demeurer chez son beau-père; elle prit en main la direction économique de l'institut. La servante Lisabeth, restée à Neuhof avec le petit Gottlieb (le frère de Marianne, âgé de quatre ans), épousa en mars 1802 Mathias Krùsi, frère de l'instituteur; et Pestalozzi confia aux deux époux la gestion du domaine que la mort de son fils avait laissé sans maître. Quant à Mme Pestalozzi, elle continuait à partager son temps entre Neuhof et Hallwyl.

En avril 1802, les octobristes furent chassés du pouvoir. Bonaparte, qui n'avait pu les plier à ses vues

1. La lettre de Bonstetten a été reproduite par M. Morf' t. T. pp. 295-299,

2. La lettre qui contient ce passage a été publiée par M. Morf, t. II, p. 6; elle est du mois de mai 1801.

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