Cité par M. Morf, t, II, p
2. Morf, I, p. 151. — Mme Pestalozzi écrit à ce sujet dans son journal : « Que Dieu, cher enfant, veuille t'accorder une ample et belle compensation pour les maux que tu as soufferts, et qu'il ne nous laisse pas longtemps séparés de toi, nous qui t'avons si tendrement aimé. Une grande entreprise, que le père du cher défunt avait commencée à Burgdorf, a empêché ce cher et bon époux de le revoir encore. A moi aussi a été refusée la faveur d'être présente à ses derniers moments. Comme je me croyais assurée du mieux, j'étais retournée à Hallwyl, et une lettre égarée fut cause que j'arrivai trop tard pour assister à sa fin. Mais Dieu m'accorda l'inexprimable joie de le voir encore endormi comme un ange sur sa couche. L'expression de ses traits témoignait de la bonté de son Dieu, qui a fait' de lui un ange du ciel. Qu'il soit adoré et béni éternellement! »
En septembre, un rapport de Mohr au Conseil exécutif dit que ce l'institut pestalozzien au château de Burgclorf, le premier et le seul de son espèce, attire tous les jours de nouveaux élèves, que le directeur se voit obligé de refuser faute de place ; le citoyen Pestalozzi a, en conséquence, besoin d'un agrandissement des locaux mis à sa disposition : il demande l'aménage^ ment de deux dortoirs pour les élèves et de six chambres pour les maîtres ». Le Conseil exécutif avait décidé, le 5 août précédent, que vu la détresse du Trésor il ne serait fait aucune réparation aux bâtiments nationaux; il accorda néanmoins la somme demandée (2850 francs) pour les travaux à exécuter au château de Burgclorf *.
La souscription ouverte par les soins de la Société des amis de l'éducation avait produit quelques résultats. La plus grosse somme fut donnée par la femme de l'ambassadeur de France, M'no Reinharcl, qui s'inscrivit pour 500 francs 2.
C'est seulement en octobre 1801 que parut le livre que nous avons analysé au chapitre précédent et qui allait attirer si vivement l'attention sur l'institut de Pestalozzi. Comment Gertrnde instruit ses enfants fut publié chez le libraire Henri Gessner, de Zurich, auquel sont adressées les lettres qui composent le volume. L'apparition de cet ouvrage excita dans une partie du public un vif enthousiasme, mais souleva aussi des contradictions dont nous dirons un mot tout à l'heure.
Le premier des livres élémentaires dont Pestalozzi avait annoncé la publication vit aussi le jour en cette même année 1801 : c'est son Instruction pour ensei-