DEDICACE DES «BUCOLIQUES» DE VIRGILE
Durant la Grande Guerre, le Maréchal Pétain avait pour livre de chevet les tragédies de Corneille et les « Bucoliques » de Virgile.
(Radio et presse de janvier 1941)
Du héros qui pour rompre une lutte inutile Put se vaincre soi-même on vit les dieux surpris, Les poètes non pas ! Nous avons tous compris Lorsque nous avons su que vous aimiez Virgile.
Vous dont un mot éteint les flammes et les cris De la guerre étrangère et la guerre civile, Vous, chef victorieux, au glaive qui mutile Vous préférez le soc qui fait les champs fleuris.
Pétain, homme des champs et des champs de bataille,
Le grand Virgile est un poète à votre taille.
Je sais quel astre un jour, s'il veut vous louanger,
Il choisira parmi tout le ciel qui rayonne Pour de son juste éclat orner votre couronne, Maréchal ! ce sera l'Etoile du Berger.
Xavier de Magaolon.
(Credo à la France, p. 131.)
ANNEXE
Une prière
Le paysage avait la fraîcheur d'un Dupré :
La petite maison, la vache dans le pré,
Le ruisseau qui serpente, un saule qui frissonne,
Le grand clocher de pierre où la cloche résonne
Quand, près de Dieu, les hommes vont se réunir,
Le cheval épuisé qui voudrait se raidir
Pour hâler la charrette au haut du monticule,
Rien ne manquait et rien n'avait l'air ridicule...
Une âme errait parmi les détails paysans...
Et c'était le dessin d'un enfant de six ans !
... Quand il eut envoyé cette œuvre à son idole
Il cessa de jouer. Il partait pour l'école
Le front barré d'un pli qui dissimulait mal
Le secret qui le rapprochait du Maréchal;
Chaque nuit se parait d'une faveur nouvelle
Et des songes dorés dansaient dans sa cervelle !
... H .reçut, un matin, le portrait attendu.
Son cœur battait la charge et son regard tendu
S'accrochait à la fîère image vénérable.
Il la porta d'un bond sur sa petite table,
Près du Christ indulgent qui, déjà, souriait,
Joignit les mains comme le soir quand il priait,
S'approcha doucement dans le plus grand mystère
Et, radieux, tremblant, murmura ; « Notre Père ! »
Henri Thiébaut.
(Credo à la France, p. 180.)
Ces louanges extravagantes s'adressaient à l'homme qui avait dit :
FRANÇAIS... Il faut cesser le combat.
(Appel du maréchal Pétain, 17 juin 1940.)
Les poètes ne chantaient point celui qui avait répondu :
La France a perdu une bataille !
Mais la France n'a pas perdu la guerre!
(Appel du général de Gaulle, 18 juin 1940.)