‹ Peter Brvegel l'ancien, son œuvre et son tempsChapitre 1 sur 273 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

L'esprit singulier qui anime les œuvres de Pierre Bruegel l’Ancien à déja attiré plusieurs fois l'attention des historiens de l'art. M. A. Hymans en trois articles, publiés par la Gazette des Beaux-Arts en 1890 et 1801, M. Émile Michel, à sa suîte, dans son étude sur les Bruegel éditée dans les « Artistes Célèbres », s'étaient occupés de l'artiste et de son œuvre. Au moment où sortaient de presse les premières feuilles du livre, d'abord publié par fascicules, que nous présentons maintenant lerminé au public, M. Axel-L. Romdahl, dans le « Jahrbuch des Collections Tmpériales d'Autriche » passait en revue, sur un plan analogue à celut qu'adoptèrent MM. Justi et Dollmayr pour leurs études sur Jérôme Bosch, les divers genres de sujets peints et gravés par Bruegel.

Le présent travail tend à un but plus vaste que ces publications restées objectives et toujours plus préoccupées de chaque composition en particulier que de la place qu'elle tient dans l'ensemble de l'œuvre du maître.

A côté des compositions peintes et gravées il restait en Premier lieu à invenforier une autre série de travaux du maître trop négligée jusqu'ici: les dessins. M. van Bastelaer, que l'étude des sujets traités par Bruegel passionnait depuis plusieurs années déjà, était tout indiqué pour opérer ce recensement ef celui des gravures, en mème temps que pour entreprendre l'étude historique sur la vie de l'artiste, son œuvre et son temps. Ce recensement des dessins de Bruegel, en complétant par de nouvelles dates le cycle de celles que portent les gravures et les peintures, à permis à l'auteur de dresser méthodiquement pour la première fois une chronologie de l'œuvre entier et ainsi de mettre en lumière l'évolution insoupconnée du génie du maître. Sur ces nouvelles bases strictement

scientifiques, M. van Bastelaer a pu esquisser un tableau complet de la vie du maître dont les biographes ne rapportent que peu de choses, marquer les étapes de son métier de compositeur ef de peintre et celles de son inspiration, singuhèrement parallèles à celles des évènements de cette époque troublée : évoquer, en un mof, du milieu de détails épars dans l'œuvre, à la fois la vie de l’homme et de l'artiste.

Il fallait donner aussi à toutes les compositions singulières dues à Bruegel l'explication de leurs ressorts, restés St secrets pour nos esprits contemporains. Cette éfude, et ce n'est pas là l'un de ses moindres intérêts, en donne la clef par la description de l'atmosphère mème où vivait l'artiste.

D'un autre côté, pour mieux caractériser l’évolution du maïre, il convenait d'en préciser le poiut de départ. C'est dans ce but que M. van Bastelaer à cru devoir comparer, dans un premier chapitre, l'inspiration, les aspects et la portée des divers genres de sujets dans lesquels se sont manifestés Jérôme Bosch, ses imitateurs et Pierre Bruegel. Cette comparaison en donnant aussi la clef de l'art du maître de Bois-le-Duc, constitue une première étude d'ensemble sur la direction véritable de son esprit et de l’évolution de son art.

M. G. H. de Loo, par sa haute compétence en fait de peinture flamande du XV* et du XVI siècle, par sa connaissance parfaite de tous les Musées et Collections de tableaux de l'étranger, était tout désigné pour entreprendre le dénombrement des peintures du maître et établir une vaste enquête sur les copies et les pastiches qui en ont été faits, ainsi que sur les œuvres des peintres qu'on a si souvent confondus avec lui.

Après l'accomplissement de leur tâche délicate, les auteurs, par de ces découvertes imprévues auxquelles l'histoire de l'art est accoutumée, ont vu plus d'une fois la matière de leurs études se développer subitement et les obliger à un travail nouveau : c’est ce qui explique que la publication de l'ouvrage, commencée en fascicules en 1004, Wait pu Se parfaire qu'en I907.

S'il n'en a pu toujours être tenu compte dans les premières parties, déjà imprimées, ces découvertes nouvelles, tout en augmentant notablement les proportions de l'ouvrage, et le nombre des planches qui l’illustrent, n'ont d'ailleurs fait que confirmer les

vues des auteurs. :

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