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LE PEINTRE ET L'AMATEUR EN BESICLES

Le peintre est vu de profil devant son chevalet, il a la palette et le pinceau à la main, on voit derrière lui, regardant par dessus son épaule un homme de profil, le nez chaussé de grandes besicles, qui met la main à sa bourse. C’est vraisemblablement la mise en œuvre d’un proverbe.

Dessin à la plume dans un trait carré.

La signature BRUEGEL, qu’on voit dans le coin gauche du bas, est d’une encre plus jaune que le restant du dessin. Elle est un peu plus

manièrée, plus cursive que d'habitude, et parait être apocryphe. Hauteur 0,260. Largeur 0,218.

Vienne, Cabinet de l’Albertine N° 7500.

Voir notre reproduction. Reproduit également dans ROMDAHL, ouvr. cit. pl. XXII et dans Handzeichnungen aus der Albertina N° 358.

Copie à Londres au British Museum, N° 553. Le modelé des muscles sur la pommette du critique est spontané dans le dessin de Vienne, manièré

dans l’autre. Les lunettes, à Londres, sont faites dans une perspective

a > 5 - = fins = —

défectueuse et sans caractère. La paupière n’est pas définie dans son profil. De même les paupières inférieures du peintre ne sont pas dessinées, tous les traits de la face sont manièrés, efféminés et sans caractères à Londres. La barbe hisute n’est plus aussi caractéristique à Londres qu’à Vienne. Les coutures du vêtement à l'épaule et de la manche forment, à Londres, un zig-zag enfantin, et les coins de plis s’y arrondissent sans cassure. Le modelé de la manche du peintre n’a plus rien des grands

plans presque sculpturaux du dessin de Vienne. La main qui plonge dans la bourse est peut-être plus naturelle à Londres qu'à Vienne, mais elle est molle et sans caractère et le pouce en est mauvais sans avoir rien de bruegelien.

A Londres la main tenant le pinceau est flasque et les traits de plume qui la dessinent peu hardis et peu spirituels ; à Vienne les traits sont accentués de pleins donnés du premier coup au bon endroit. Le pouce est hardi dans son effort sur le pinceau; à Londres il est fait d’une courbe maladroïite et mal copiée.

Le jeu des cheveux donne un rôle trop important dans le dessin de Londres à certains mouvements de mèches, qui dans l’autre sont subordonnés à l’ensemble de la coiffure. Les hachures du bonnet n’ont pas à Londres le modelé défini du dessin de Vienne.

Hauteur 0,260. Largeur 0,207.

Autre copie, que nous n'avons pas vue, mentionnée sous le n° 17 au catalogue de la Collection des dessins du D' Max Strauss vendue le 25 avril 1906 chez M. H. O. Miethke à Vienne. Cette copie à un intérêt particulier, elle porte au verso une ancienne annotation qui la dit l’œuvre de Hoefnaegel : « vom... Hufnagel 1602 » tandis qu’une seconde main y ajoutait encore « Copia nach Brügels». Georges Hoefnaegel était un dessinateur émérite, en même temps qu’un appréciateur éclairé des œuvres de Bruegel au point que son nom se mêle de différentes manières a l’histoire de l’œuvre de notre artiste comme nous l'avons vu. Cette annotation nous force donc à nous demander jusqu'où alla cet amour et s’il ne fut pas l’origine d’autres copies encore parmi celles que nous avons citées.

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LE PEINTRE ET L'AMATEUR A BESICLES Dessin à la plume (Albertina-Sammlung, Vienne)

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