MESURES
La verste. . . , La sajène. . .
L'archine. . . ,
Le verschok.
500 sajènes . 1 kilomètre 67 mètres.
3 archines . 2 m. 134 millimètres.
16 verschoks 0 m. 70 c. environ.
ou 3 sacs.
Le sac est une mesure uniquement consacrée aux pelleteries et fourrures.
POIDS les plus vulgairement employés.
Le poud .
La livre .
Le lott .
Le zolotnik .
40 livres russes.. .
32 lotts .
3 zolotniks .
3 grains, etc.
16 kilogrammes 38 g.
409 grammes.
12 grannnes.
Quelques mots d’un ignorant sur la littérature russe : Lomonosoff.
— Derjavine et Y Ode d Dieu. — Krylof et ses fables. — Karamsin l’iiislorien. — Pouchkine. — Gogol. — Bulgarin, ses 120 volumes et l’Abeille du Nord. — Gretch. — Le comte Sollohoub.
— M. Tourgliénef et Batiouchkof.
Oh ! oh ! mon cher ami, mais pour répondre catégoriquement à tes questions, il faudrait un Russe, et un Russe fort lettré.
Quel est l’état de la littérature russe contemporaine ?
Quels en sont les principaux représentants ?
Quels sont leurs principaux ouvrages ?
Quel est le caractère de leur style et la tendance de leur esprit ?
Mais c’est là tout simplement le programme, et fort étendu, de tout un cours de littérature, et j’avoue, dès l’abord, que je ne me reconnais pas ce qu’il faut pour répondre sciemment à toutes ces questions ; je vais donc te dire ce que je sais, c’est-à-dire assez peu de choses , et, de plus, te le dire comme je le sais, c’est-à-dire sans ordre ni méthode.
La littérature russe n’a guère qu’un siècle d’existence (en exceptant les annalistes et quelques conteurs), et
encore n’est-ce que de nos jours qu’elle a pris un véritable essor; mais elle compte déjà quelques hommes de réel talent qui se sont fait place au soleil européen et qui ont eu les honneurs de la reproduction en toutes langues. Voici, d’ailleurs, par leurs noms, les étoiles de ce ciel littéraire russe :
Lomonosoff (1711-1765). Lomonosolf, ce poète que la nature avait si bien doué, était pêcheur, et ne dut son éducation qu’à lui-même; tout en traînant ses filets sur le bord de la mer, il s’inspirait du grand spectacle de la nature qu’il avait sous les yeux, et, quand était finie la journée du labeur matériel, jl prenait quelques livres rassemblés chez lui à grand’peine, et s’instruisait de ce qu’il faut savoir pour dire ou redire; mais bientôt fatigué de la lenteur qu’il mettait à apprendre, ayant su qu’à Moscou il y avait des écoles et des maîtres, il quitta la maison paternelle, puis alla en Allemagne et revint dans son pays, ayant meublé sa tête encyclopédique de connaissances de toute nature. Il sut, chose rare, allier la poésie à la science, sans les confondre ni les mêler jamais; et tout en composant son Ode sur la Victoire de Pultava, ou sa Pétréide, il publiait son Essai abrégé de Physique et Métallurgie ; tout en écrivant les tragédies de Démophon et de Tamire et Sélim , il donnait son Histoire abrégée de Russie (1), et sa Grammaire russe.
C’est Lomonosoff qui, le premier, sous le règne d’Élisabeth, donna l’impulsion au mouvement littéraire en Russie ; il est le précurseur et le guide de tous ces écrivains qu’a vus fleurir la cour de Catherine II.
(1) Nous trouvons dans les manuscrits de Diderot, à propos de Y Histoire abrégée de Russie de Lomonosoff, une note qu'il
Derjavine est un poëte lyrique (le la fin du dix-huitième siècle (1743-1816), qui, grâce à son ode intitulée : Dieu, peut compter parmi les plus élevés par l’inspiration et les plus vraiment inspirés de tous les poètes; cette ode,
nous parait intéressant de reproduire : il s’agit ici, non-seulement de l’œuvre originale Histoire de la Russie depuis l'an 862 jusqu’en 1054, mais encore d’une traduction allemande et d’une traduction française de ladite œuvre; laissons parler Diderot : « Je ne puis rien dire de l’original russe, ni de la traduction allemande que je ne connais pas; pour la traduction française, elle est trèsordinaire : peu de force et nulle élégance.
» L’ouvrage est divisé en deux parties : la première est , à proprement parler, des antiquités russes. Elle n’est pas fort agréable à lire, mais elle suppose beaucoup de recherches.
» La seconde, qui contient les règnes de Rurik, d’Oleg, d’Igor, d’Olga, de Swatoslaw, de Jaropolk, de Wladamir, de Swatopolk et de Jaroslaw, est beaucoup plus intéressante. Je trouve seulement que l’auteur, Lomouosow, est un peu superstitieux. Il rapporte le discours du philosophe chrétien à Wladamir comme s’il l’avait entendu de ses propres oreilles. Ces sortes de licences réussissent toujours en poésie; un bon esprit ne s’en accommode pas également dans l’histoire. Vraie ou fausse, la réponse de Wladamir aux Juifs est excellente : « Puisque votre Dieu vous a maudits et dis- » persés parmi toutes les nations étrangères, il y a tout lieu de » croire que votre religion lui déplaisait; pourquoi voulez -vous » que je l’emhrasse? Est-ce afin qu’il me châtie comme vous? »
» Quoi qu’en disent J. J. Rousseau et les fanatiques ennemis des progrès de l’esprit humain, il est difficile de lire l’histoire des siècles barbares, de quelque époque que ce soit, sans se féliciter d’être né dans un siècle éclairé et chez une nation policée. Les philosophes apologistes de l’ignorance devraient bien s’expliquer nettement. Nous veulent-ils brutes, animaux stupides, sans aucune règle de mœurs, sans aucunes lois? ils n’oseraient le dire. Permettent -ils quelques progrès à l’esprit humain? en ce cas, qu’ils fassent donc deux choses : qu’ils nous marquent la limite de lumière compatible avec notre bonheur, et qu’ils nous indiquent surtout le moyen d’enrayer et de s’y fixer. »
que les Russes considèrent à juste titre comme un chefd’œuvre, a été traduite en allemand, en anglais, en latin, en polonais, en chinois, et quinze fois en français; elle est, s’il faut en croire l’un de ses traducteurs, inscrite en lettres d’or dans les temples de Pékin et de Jeddo au Japon. Nous jugeons d’ailleurs qu’elle appartient à ces œuvres qu’il faut, autant que faire se peut, vulgariser au moins parmi les curieux de poésie; aussi en donnons-nous ici, par extraits, une traduction en vers empruntée au curieux opuscule du savant M. Poltoratzky, de Moscou, consacré à Derjavine; cette traduction est due à MM. Golmistchef-Koutouzof (I8H) et Hainglaise (1849) :