‹ Petit BobChapitre 17 sur 18 · BOB S AMUSE 20J · texte numérisé non relu

BOB S AMUSE 20J

soldais de plomb. — T'entendras la fin malgré toi, va!... {Lui criant dans Vo^ r aille,) « Et sur le mur, on vit apparaître une main blanche, blanche. » [Le poursuis* vant jusqu'à sa porte.) « C'était celle de rhomme noir I... » {Fred parvient à s^êchap* per.)

L'abbé. — Vous êtes vraiment méchant^ Bob!

Bob, jouant la candeur. — Moi ?

L'àbbé. — Vous vous amusez à effrayer cet enfant.

Bob. — Faut l'aguerrir...

L*abbé hausse les épaules et se remet à écrire.

Bob. — M'sieu Tabbé I

L'abbé, agacé. — Qu'est-ce encore f

Bob. — M'sieu Tabbé c'est pour vous adresser une question...

L'iBBÉ. — Je n'ai pas le temps- de vous écouter en ce moment. Si c'est une question utile, j'y répondrai tout à l'heure, en classe; sinon, vous attendrez la récréation du soir...

Bob. — Alors, j'peux pas vous parler ?

L'abbé. — Vous me parlerez si vous avez quelque chose d'important à me dire...

BoB. — Quoi que jVas faire?

L'abbé. — Il est navrant de vous entendre parler de la sorte !... Ce que vous ferez... vous jouerez... Vous vous amuserez tranquillement... sans abîmer rien...

Bob s'éloigne. Il tripote différents objets placés sur une petite table. {Silence de quelques instants.)

Bob, revenant près de l'abbé. — M'sieu Tabbé I

L'abbé. ^ Je vous ai prié de ne pas me parler.-

Bob. — M'sieu Tabbé, vous m'avez dit que j'pouvais, si c'était pour quelq'chose d'important...

L'abbé. ^ Comme ce n'est certainement pas le cas...

BoB. — J'vous dis q'si, moi, q'c'est le as, na!

L'abbp, énervé. — Eh bien ! voyons qu'estce?

BOB S AMUSk

Bob. — Ben, c'est qu'en jouant avec, j'ai cassé les ciseaux en or de m'man, voilà...

L'abbé, très ennuyé. — Oh ! comment avezvous fait ?

Bob. — Si je Tsavaîs, j'aurais probablement fait Tcontraire... Vous voyez bien, vous vouliez pas croire q Vêtait important...

Uabbé. — Vous devenez chaque jour plus insupportable, Bob; c'est vraiment inouï I...

BoB. — Contraire, c'est bien naturel, puisque j 'grandis I...

Lj ABBE* "" •••

BoB. — Puis, d'abord, si c'est pour les ciseaux q'vous dites ça, c'est d'vot' faute, m'sieu l'abbé, au moins autant que d'ia mienne...

L'abbé, consterné. — De ma faute? à moi?

Bob. — Eh oui, à vous ! Si vous mi'laissiez mon frère, j'aurais pas eu besoin des ciseaux... Si vous croyez q'c'est amusant des récréations passées comme ça... avec vous, m'sieu l'abbé?

L'abbé. — Vous êtes absolument libre, vous pouvez jouer au jeu qui vous plaît...

Bob. — Ah ! ouiche I ... Le jeu qui m' plaît n'est jamais d'vot' goût I

L'abbé, menaçant. — Bob, je vous ai simplement prié de ne pas me parler et de ne rien détériorer; mais, hors ces deux conditions, vous êtes libre d'employer la [demiheure qui reste comme bon vous semblera...

Bob. — Vrai de vrai?

L'abbé. — Mais oui...

Bob. — Ben, jVais chercher c'qu'il m*faut pour m'amuser.

Il sort et revient portant une carafe. Il passe derrière Tabbé absorbé par son travail, et se dirige vers la fenêtre, qu'il ouvre.

L'abbé se retourne au bout d'un instant^ sentant le vent qui lui arrive dans le cou.

— Gomment!... vous ouvrez la fenêtre?

Bob. — Oui, m'sieu Tabbé.

L'abbé. — Mais c'est de la folie! Par cette pluie!... Vous allez prendre froid!... Refermez immédiatement cette croisée!...

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