LA FÊTE DE MAMAN I4S
Maman. — Papa m'a donné une robe d'abord...
Bob. — Une belle ?... \
Maman. — Celle-ci ; te convient-elle ?
Bob, la toisant. -^ Elle est pas mal ; et après, qu'est-c'qui t'a encore donné, p'p^-
Maman. — Cette bague.
Bob. — Ah ! elle est jolie. C'est une opale. .^ moi, j'aime ça, les opales. L'premier cadeau sérieux que j'ferai, ça sera des opales.
Maman. — Vraiment 1
Bob. — Jusqu'à présent, j'vois qu'papa et grand -père qui t'aient donné quelqu'chose pour t'faire plaisir, les autres c'est parc'qu'y fallait t'faire un cadeau.
Maman. — Mais du tout, je suis enchantée.. .•
Bob. — Ah I voyons, tu vas pas m'faire croire que les nourritures dem'sieu Z..., les serins du cousin Philippe et l'paravent qu'est pour isoler madame de X... te font du vrai plaisir? jamais d'ia vie!!!
Maman. — Tu n'as pas regardé les fleurs^ toi qui les aimes tant ?
Bob. — Si, mais c'est qu'y en a tellement que j'sais pas par où commencer. Tiens, c' champ dépensées !... c'est pour sûr une allégorie, ça, m'man ?
Maman. — Comment une allégorie ?
Bob. — Oui, ça veut faire, penser à soi ; celui qu'envoie ces fleurs -là veut q^tu y penses ; sans ça, y choisirait une fleur moins bête... Tu trouves pas, dis, m'man , qVest une fleur bête, là pensée ?...
Maman. — Mais non.
Bob. — Parc'que tu es trop polie, sans ça tu Ttrouverais ; c'est qui, dis, les pensées ?
Maman. — Monsieur B...
Bob. — Ahl ça n*m'étonne pas.., il a bien une tête à ça... Est-y assez ridicule quand y chante ? il a une p'tite voix grêle.. . Pourquoi donc quVous l'faites chanter quand y a du monde ? j'vous assure qu'il est embêtant . . .
Maman, sévère. — Bob 1... d'abord on ne le tait pas chanter, c'est lui qui l'offre...
Bob. — Ben, faudrait r'fuser; j'crois qu y