LA FÊTE DE MAMAN
est gourmand... c'est extrêmement vilain à ton âge... et toujours, du reste, de juger mal les gens... sans raison.
BoB. — C'est pas sans raison... tu verras quand y va v'nir qui qu'aura raison d'nous deux ? Oh ! la jolie cage, avec des perruches, qui qui t'a donné ces oiseaux-là, dis, maman?
Maman. — C'est Philippe.
Bob. — Ah II... Ben, si c'est pour q'tu penses à lui, il aurait mieux fait de tMonner un serin...
Maman. — Tais -toi. Bob, je te prie de garder pour toi tes appréciations. Philippe est très gentil...
BoB. — J'saisbien, et puis c'est not'cousin, c'est même mon oncle, qu'on m'fait l'appeler, à la mode d' Bretagne, mais enjfin, m'man, entre nous, là, tu m'avoueras bien qu'il est pas fort, l'cousin Philippe... dis-moi qu'oui, et puis, nous en parlerons plus. C'est des bêtes qu'il est censé avoir rapportées d'ses voyages, dis, m'man, ces oiseaux-là ?
Maman. — Mais non, je ne crois pas...
Bob. — Il aurait dû Tdire, au moins, on peut toujours dire ça... c'est plus chic d'avoir trimbalé des oiseaux comme ça d'puis TAmérique pour une personne , q' d'aller les acheter place d'ia Madeleine, tu trouves pas, dis?
Maman. — C'est possible.
Bob. ^ Qu'est-ce que grand-père t'a .
donné ?
Maman. — Grand-père m'a donné de l'argent.
Bob. — Oh ! 1 1 comme à un pauvre alors??
Maman. — Est-ce que quand je te donne de l'argent tu trouves que tu es traité d'une façon... humiliante ?...
Bob. -^ Non, mais...
Maman. — Eh bien, c'est exactement la même chose, grand-père m'a donné pour choisir moi-même ce qui me ferait plaisir.
Bob. — Oui, j'comprends maintenant, et ppa?