POUR LE JOUR DE PAQUES. 27S
les princes les appuis de son trône, que votre vie même fût menacée, cette vie si chère à la nation, et le seul gage de ses miséricordes que Dieu laisse encore à son peuple; il fallait qu'il demeurât tout seul avec sa vertu pour paraîtra tout ce qu'il'était : ses succès inouis lui avaient valu le nom de grand; ses sentimens héroïques et chrétiens dans l'adversité lui en ont assuré pour tous les âges à venir le nom et le mérite*
Non, mes frères, il n'est que la re* ligion qui puisse nous mettre au-dessus des évènemens; tous les autres molifs nous laissent toujours entre les mains de notre faiblesse. La raison de la philosophie promettait la constance à son sage , mais elle ne la donnait pas ; la fermeté de l'orgueil n'était que la dernière ressource du découragement, et l'on cherchait une vaine consolation en faisant semblant de mépriser des maux qu'on n'était pas capable de vaincre. La plaie qui blesse le cœur ne peut trouver sou remède que dans le cœur même " j or la
religion toute seule porte son remède dans ie cœur. Les vains préceptes de ia philosophie nous prêchaient une insensibilité ridicule , comme s'ils avaient pu éteindre les senlimens naturels sans éteindre la nature elle même : la foi nous laisse sensibles , mais elie nous rend soumis; et cette sensibilité fait ellemême tout le mérite de noire soumission : notre sainte philosophie n'est pas insensible aux peines, mais elle est supérieure à la douleur. C'était ôter aux hommes la gloire de la fermeté dans les .souffrances, que de leur en ôter le sentiment; eî la sagesse païenne ne voulait les rendre insensibles , que parce qu'elle ne pouvait les rendre soumis et patiens ; elle apprenait à l'orgueil à cacher, et non à surmonter ses sensibilités et ses faiblesses ; elle formait des héros de théâtre, dont les grands sentimens n'étaient que pour les spectateurs , et aspirait plus à la gloire de paraître eonsan t , qu'à la vertu même de la constance, i