‹ Petit carême; sermons et morceaux choisisChapitre 111 sur 116 · PORTRAIT D ABEILARD · texte numérisé non relu

PORTRAIT D ABEILARD

Cet homme enflé d'une vaine science, et pourvu de ces lalenls naturels propres à séduire les esprits, et à donner au mensonge tout l'air de la vérité; éloquent, poli, artificieux dans ses discours, vain de mille connaissances singulières, avait entrepris de rendre les mystères de la foi palpables à la raison humaine ; et, au lieu de cette lampe qui luit dans un lieu ténébreux, y introduire une lumière qui ne paraîtra que lorsque nous serons transformés de clarté en clarté. Déjà les fidèles, attirés par les charmes de son éloquence et par l'ascendant de la nouveauté , toujours inévitable en matière de religion sur l'esprit des peuples , commençaient à franchir les bornes saintes que nos anciens avaient si sagement posées. Ce mystère d'iniquité n'opérait presque plus en secret ; et Abeilard , fier de son succès, défiait hautement le peuple de Dieu, comme ce géant des Philistins, de lui opposer un ennemi digne de lui : mais l'insolence de cet hérésiarque préparait à Bernard une nouvelle

' BossueL - * .

j^loire. Tous deux se rendent au concile de Sens ; et là, devant les pontifes du Seigneur, la science qui enfle cède à la simplicité qui éditie; les paroles arlilicieuses de la sagesse humaine, à la vertu de la croix et de l'esprit ; et le philosophe le plus orgueilleux de son temps, à un scribe instruit dans le royaume des cieux.

(Panég. de saint Bernard.)

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