SUR LA FAUSSETÉ DE LA GLOIRE HUMAINE
Si ego glorijico meipsum, gloria meâ nihil est.
Si je me glorifie moi-même , ma gloire n'est rien.
Jea^, c. 8, V. 34.
Sire,
Si la gloire du inonde, sans la crainte de Dieu , était quelque chose de réel, quel homme jusque-là avait paru sur la
[• terre qui eût plus de lieu de se glorifier lui-même que Jésus - Christ?
Outre la gloire de descendre d'une race royale , et de compter les David et les Salomon parmi ses ancêtres , avec quel éclat n'avait-il pas paru dans le monde?
ï Suivez-le dans tout le cours de sa vie , toute la nature lui
obéit; les eaux s'affermissent sous ses pieds ; les morts entendent sa voix; les démons, frappés de sa puissance, vont se
, cacher loin de lui ; les cieux s'ouvrent sur sa tête , et annoncent eux-mêmes aux hommes sa gloire et sa magnificence : la boue entre ses mains rend la lumière aux aveugles; tous les lieux par oij il passe ne sont marqués que par ses prodiges : il lit dans les cœurs; il voit l'avenir comme le présent; il entraîne après lui les villes et les peuples : personne avant lui n'avait parlé comme il pnrle; et, charmées de son éloquence céleste, les femmes de .Tuda appellent heureuses les entrailles qui l'ont porté.
Quel iiomme s'était jamais montré sur la terre environné de tant de gloire? et cependant il nous apprend que s'il se l'attri-
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bue à lui-même, et que sa gloire ne soit qu'uue gloire huraaiuc, sa gloire n'est plus rien : si ego glorifico meipsum, gloria mea nihil est.
lia probité mondaine , les grands talents , les succès éclatants , ne sont donc plus rien , dès qu'ils ne sont que les vertus de Tbomme ; et il n'y a point de gloire véritable sans la crainte de Dieu. C'est ce qui va faire le sujet de ce discours.