‹ Petit carême; sermons et morceaux choisisChapitre 98 sur 116 · MALHEUR ATTACHE A LA VIE DU MECHAIST · texte numérisé non relu

MALHEUR ATTACHE A LA VIE DU MECHAIST

Vous aimez le monde ; vous suivez vos passions ; vous clierclicz à les contenter en tout; ctes-vous heureux ? et, dans ces moments passagers où, rendus à vous-mêmes, vous êtes en état de voir !es choses telles qu'elles sont, n'êtes-vous pas forcés d'avouer, et ne l'avez-vous pas avoué mille fois, que rien n'est 'plus trompeur que les promesses du monde , plus faux que ses biens , plus frivole que ses plaisirs ; et qu'au lieu de ce chemin jonché de fleurs et de roses qu'il nous annonce pour nous attirer, nous ne trouvons , hélas ! après nous y être engagés imprudemment, qu'un chemin àprc et difficile , tout hérissé de ronces et d'épines qui nous percent et nous déchirent ? Voilà la vie des gens du monde , de ceux même qui y passent pour les plus heureux , de ceux dont le sort fait tant d'envieux cl de jaloux : voilà la vie que vous menez vous-même depuis si longtemps ; vie triste , vie misérable , vie indigne d'une créature raisonnable, destinée à jouir éteiuellement de Dieu, et qui n'est sur la terre que pour se rendre digne d'un si grand bien par la pratique de toutes les vertus. C'est à une telle vie cependant que vous sacriQez votre Dieu , votre conscience , vos devoirs, et votre saiu: cicrnei : vous abandonnez Dieu et la piété , pour être heureux; et c'est pour les avoir abandonnés que vous êtes malheureux. Car tel est, ô mon Dieu , des ce monde même, l'ordre immuable de votre justice : le pécheur a beau courir après la joie et les plaisirs , il n'y a ni paix , ni vrai bonheur pour l'unpie : vous lui faites presque toujours trouver sa peine cl son supplice dans son péché même; ou bien, en le livrant aux remords de sa conscience , ce bourreau intéiieur, d'autant plus redoutable qu'il est toujours présent, et qu'on ne peut s'en garantir; ou si, par un usage long cl invétéré du crime , il est parvenu à les étouffer, et à avaler l'iniquité comme l'eau , votre sagesse se jouant de tous ses projets, vous faites servir ce qu'il aura ambitionné et poursuivi avec vivacité et avec passion , comme devant le plus coiilribuer à son bonheur, pour lui susciter raille embarras , mille affaires désagréables et fâcheuses , d'où nait une longue suite de malheurs

DE MASSIILOX. CCI

et de chagrins, qui répandent; une Uiste amertume sur tout le cours de sa vie; et quand mémo vous ne vous mêleriez pas, 6 mon Dieu , de la punition du péclieur en cette vie , le vide et le néant qu'il est forcé tic reconnaître dans les clioses qui ont fait l'objet de tous ses désirs , et qui lui ont coûté tant de soins , tant

de peines, tant d'inquiétudes, suffiraient pour le rendre infiniment malheureux.

(Paraphrases.)

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