‹ Petit carême; sermons et morceaux choisisChapitre 99 sur 116 · BONHEUR ATTACHE A LA VIE DU JUSTE · texte numérisé non relu

BONHEUR ATTACHE A LA VIE DU JUSTE

Que le sort du juste est différent ! par un ordre contraire , mais également juste, vous lui faites trouver, ô mon Dieu , sa consolation , sa joie , et une partie même do sa récompense, dans la pratique de la vertu , au milieu des croix et des tribulations qui en sont inséparables : c'est que vous répandez dans son cœur une paix , une douceur, une sérénité , qui sont les fruits de l'innocence ; fruits aimables et délicieux , que le monde ne connaît point , qu'il ne connaîtra jamais, auprès desquels ses plaisirs les plus vifs cl les plus piquants ne sont qu'une eau fade et insipide. C'est que le juste sent qu'il est l'objet de votre miséricorde ; que vous avez les yeux ouverts sur lui pour le protéger, pour écarter les tentations, ou pour soutenir sa faiblesse dans les combats qu'il est obligé de livrer aux ennemis de son salut : c'est que vous l'établissez dans une humble confiance en votre secours , dans une soumission entière aux ordres de votre providence, qu'il adore dans tous les événements. La perte des biens ou de la santé, les chagrins domestiques, la violence, l'injustice, l'ingratitude des hommes ; rien de tout cela ne l'étonnc et ne le fait murmurer : bien loin de là , il y trouve même une matière ample et continuelle à ses actions de grâces , parce qu'il y découvre votre miséricorde , 6 mon Dieu, attentive à lui fournir un moyen pour expier ses faïUes passées, un préservatif contre les retours de son cœur vers le monde, cl le prix d'une éternité bienheureuse.

(Paraphrases.)

FAUX HONNIOUIl.

Prince heureux devant les hommes ! mais qu'est aux yeux de la foi le bonheur luimain? que dure-t-il? et, dans sa couileduréc, combien trainet-il avec lui do liel et d'amertume? Quel privilège ont ici les princes au-dessus du peuple? tout ce qui les environne les rend-il heureux? Hélas ! tout ce qui est hors de nous ne saurait jamais faire un bonheur pour nous. Les plaisirs occupent les dehors; le dedans est toujours vide. Tout paraitjoie pour les grands, et tout se tourne en ennui pour eux. Plus les plaisirs se multiplient, plus ils s'usent. Ce n'est pas être heureux que de n'avoir plus rien à désirer, c'est perdre le [)laisir de l'erreur; et le plaisir n'est que dans l'erreur, qui l'attend et qui le désire. La grandeur elle-même est un poids qui lasse. Les chagrins montent sur le trône, et vont s'asseoir à côté du souverain : la félicité les rend jilus amers. Le monde étale des prospérités ; le monde ne fait point d'heureux. Les glands nous montrent le bonheur, et ils ne l'ont pas. Quel est donc l'homme heureux sur la terre? c'est l'homme qui craint le Seigneur ; c'est le juste qui n'est pas de ce monde ; c'est un cœur qui ne tient qu'à Dieu , et à qui la mort n'ôtc rien que l'embarras du corps terrestre , qui l'éloignait de Dieu.

(Orais. funéb. (la Dauphin. )

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