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petit carrillonneur, Volume 4

JL)o«miQx^E allait commencer ses préparatifs de voyage, lorsque Robimeau Jui fit remarquer que la nuit Rapprochait, qu il était trop tard pour -entreprendre de se mettre en route.

— Qt|e dites-rousy mon jcher Jlobiueaul eh ff ils vont tous passer cette même nuit à chercher Adrienne, à gémir, à pleurer sur son sort ! je ne <ff?H%SW J à * — Mai» avez - vous uae

roiture^-- Mon cheval Et moi ,

cher Dominique, je ne pourrai donc 4 iv. "

pas vous accompagner? — Il est fort, il nous portera bien tous les deux.—- Un moment, réfléchissons..........—*

Point de réflexion, bon Robineau; ils sont dans la douleur, je leur dois tous les soins de. l'amitié ! —Voyons, que pouvez-vous faire? — Aider dans Jeurs recherches mes deux cousins , ces bons Adolphe et .Auguste de Saint - Erbin , qui déjà sans doute sont en campagne pour cherefier ma chère Adrienne. — Mais encore faudraitril.,.. *— O m<M| cher Robineau!

tous est-il permis d'ignorer les transeports dé l'aipour-, vous qui porte* ceux de Faimtié à un si haut degré ! Je ne puis attendre à demain 5 ' chaque moment dé cette nuit cruelle 5 rhe tuerait! — AHons, je vous suis. Mais, en grâce , modérez ce feu : , c?t létssiegvous un peu conduire par rhà vieille prudence.--*- Je vous écouterai qu^ndi

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nous serons là-bas. — Soit , là-bas , j'y consens.

Tout est prêt en un moment. Le bot* Robineau, quoique très-fatigue de son retour à Paris , va monter en croupe derrière son jeune ami....

Mais il arrive un autre billet

Deux dans la même soirée ! De qui peut être celtû~ci?»~ Ciel! dit Dominique, il est d'Àdrienne! Lisons:

« On me permet de vous écrire, « et l'on se charge de vous faire par* « venir ma lettre le plus tôt possi- « ble. Mes ravisseurs , à qui je ne « pardonnerai jamais sans doute h « violence qu'ils viennent» d'exercer « envers moi, me traitent cependant « avec une douceur et des égards qui « m'étonnent. Attirée , ce matin 9 « dans la campagne, à l'insu de mon «père, par une veille femme âgée, « sous le prétexte que je pourrais y

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« être utile à une, famille infortunée, « je voulais exercer en secret cet acte « "de bienfaisance , lorsque , au (ieu ¥d*y prouver l'indigence à secourir»

a j'ai vu les, dçux fils d'Ali n vil qui, c< aitlé^ de leurs gens , m pat portée xrdarvs une chaise de poste, et con- « duite au château de Haut*j|uis$on # ù chez leui 1 .pèr£,/dù je suis ïnain- « tenant, Soudain, jai pris la plume 9 «et je vows écris, sous les yeux ., de « fpon$iëur le, comte, qui a juré qu'il «.ne ,nie rendrait qu'à vou$ seul* Aç- « courte dpnc, cher Dominique > si j« \ou$; voulez briser les fers de votre <+j>o&ne apnie l'infortunée

« Àdrienne px Bléville. w

• 11 règne dans .ce billet une espèce de contrainte qui prouve bien qu'Ar drieime l'a tracé spus les yeux du

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barbare tTÀlinvil. Vite , dit Dominique, c'est vers Haut-Buisson qiï'ft faut diriger nos pas. — Un moment f mon «mi. — Un moment, cher Ro-

bineau! ne voyez-vous pas — Je

vois que c'est un piège. — Comment , Âdrtenne me tendrait un piège!-— Non, pas elle, mais le comte. Il n'a enlevé cette jeune personne que pour vous attirer chez lui.— Eh bien, quand celait serait t que puis- je y craindre?

— ToutI Un homme capable de crimes, qui en a commis sans doute > à qui il en faut de nouveaux pour couvrir les autres, est toujours à redouter. — Me croyez* vous assez timide... — Ils ont voulu vous assassiner déjà... ce coup de pistolet!.....—*' Oh , qu'ils ne me tueront pas si aisément! et puis, vous serez avec moi.

Votre âge vous donne du poids.....— Mais mou peu d'éducation et mon

état me mettent à une si grande dis* tance de cç seigneur! — Vous, êtes ua honnête homme ; cela suffît pont intimider un être vicieux. Partons ^ mon ami. — Pour Haut- BuisSQn ?— Pour Haut-Buisson. Le principal est dôtdélivrer Âdrienne et de la rendre ensuite en triomphe à sa famille. — Voyons, allons. Mon âge ne me rend guère propre à courir les aventures , mais je vous sacrifie jna vie , si elle est nécessaire à votre repos. — Bon Robineau !..... Pourquoi me parlez vous à présent en vous? ne m'aimezvous plus assez pour me tutoyer?

J'exige que vous continoyez à me parler comme autrefois, entendezvous? — Tu le veux, eh bien soit,' mon fils , mon cher # fils ! Moi qui aurais tremblé de me trouver seul à minuit dans les rues de Paris, je vais te suivre, affronter tous les

CAftRlLLOMEUtt- 7 dangers, m'attacher à toi pour Jamais! — Excellent cceur !

Cette fois, Mathieu Robineau ensiporte la clef de leur commua logement. Il monte derrière son jeune ami , et ils partent tous deux, à neuf heures du soir, dans Tarrière-saison , où les nuits,. commencent à être un peu froides*

Robineau raconte plus^ên détail, en route, à Dominique, comment il fat perdu à trente moi&, trouvé par lui , et adopté ensuite par monsieur et madame CraqueL II n'oublie au** cune circonstance, et Dominique, qui lécoute . avec attention , retarde le pas de sqïï cheval pour que son ami puisse parier. Ils font ainsi huit lieutfg, qui les mènent jusqu'à trois heures du matin* Le froid cependant corn* mervçaixt à les glacer, Robineau en»

gage le jeune homme à presser i>r-

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deur de son coursier, en le prévenant qu'il va se taire. Cet avis, sage en lui-même, ne lut que trop suivi par Dominique. Chacun sait que plus on approche d'un but souhaité , plus ou sent redoubler le désir d'y arriver.

Brûlant de revoir son Adrienne le plus proinptement possible, Dominique excite sa bête, la pique tellement de^Çftups à éperons , qu elle se cabre, rue efe jette par terre nés deux WyageiH-s. Le chçftrfl a pris le mors aux dents, il galope, galope si bien qu on ne le voit plus.

Par un effet du hasard, le boa Robineau est tombé précisément sur Dominique, en sorte qu'il ne s'est it&aucun mal, tandis que le jeune homme, pressé par la chute et le poids du vieillard , s'est blessé si fort que son sang coule, et qu'il lui est impossible de ste relever.

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Qu on juge de 1 effroi de Mathieu !

il pleure, il crie, il appelle du secours; mais le jour n'est pas prêt encore à s'élever , et personne ne parait dans ces campagnes isolées* Une faible lumière frappe au loin sa vue. Robi* neau s'y dirige en courant autant que ses forces le lui permettent. 11 arrive à une cabane de Jaboureur , dont le volet qui ferme la moitié supérieure de la porte est ouvert. H aperçoit deux ou trois hommes empressés autour dun lit , et s écrie :

Mes amis , bons villageois , oh ! venez avec moi relever là*bas , sur la route , un pauvre voyageur qui est tombé de cheval.

Le plus âgé des paysans répond :

Oh , mon Dieu ! allons-y y Jacques ; mon neveu restera auprès de l'accouchée avec la sage-femme. Et*ce bien loin? — À deux portées de fusil. — -

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Marchons, marchons, Jacques. Jl faut voler quand il s'agit de secourir son semblable.

Le laboureur Pénon, tet Jacques son fils, qui est grand et fort, suivent Robtneau , qui retrouve son jeune ami à la même place où il la laissé, mais souffrant et gémissant.

C'est don (y à monsieur, dit Jacques , ce cheval que je venons d'arrêter làfias , et qui courait sans maître ? — C'est à lui, répond Robineau. — Oh ben, il n est pas perdu , allez. Je Tons saisi et entraîné dans notre écurie, où vous le trouverez. — J'en suis enchanté; car il porte notre valise, nos petits effets. — Vous n'y pardrez rien, soyez sûr, et tout vous sera rendu.

Aidez -moi, mon père, et portoos monsieur jusqu'à cheux nous.

Le père et le fils emportent l'infortuné Dominique , et Robineau

CARRILLONNEUR. n soutient sa télé dans ses bras pour avoir sa part de cet honorable fardeau. >

Cette petite troupe arrive lentement à la chaumière, où Ton prodigue soudain les plus grands soins à notre blessé* Voyez-vous, dit Pénon à Robineau, c'est que ma femme vient d'accoucher de notre douzième enfant; voilà pourquoi nous avons tous passé la nuit. La sage-femme est là , qui est comme une chirurgiennè dà !

car elle sait guérir toutes sortes de maux. Eh , madame la sage-femme ?

venez donc visiter celte plaie T là.

Là sage-femme voit que Dominique n'a. qu'une légère contusion au bras; mais il s^st démis ce même pied qui fut blessé lors du coup de pistolet du lâche Charles d'Alinvil.

Ceci est plus sérieux et plus long à guérir que la première blessure* U

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n'y a, dit Jacques Pénon, qu'à coucher ce jeune monsieur dans mon propre lit. ^trouverons ben sur quoi nous reposer, — T as raison, mon fils, dit lé père , pardieu , t'as raison !

Pendant que la sage-femme donne au blessé tous les soins que son état exige, Robineau admire avec quel zèle cette bonne famille d'agriculteurs exerce l'hospitalité. Ils ont une malade qui leur est bien chère , et ils n'en témoignent pas moins le plus vif intérêt à un inconnu qui réclame leurs secours!

Tandis que Dominique les remercie de son côté avec effusion , un militaire d'un âge mûr l'examine ^ et lui fait cette question : 'Monsieur na-til pas été à Dreux? — Oui , Monsieur, et je crois vous reconnaître* Vous étiez dans la voiture, avec- un' révérend père capucin, monsieur de

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Bléville, sa fille et un vieux cagot nommé monsieur Noblel? — Je ne connaissais point mes compagnons de voyage; mais vous, Monsieur, je vou3 distinguai par vos manières douces , affables et modestes.' — Trêve , de grâce , à ces complimens, Monsieur, et daignez m'excuser si jose vous interroger sur un point qui nuntéresse.

Il me semble qu'à tablé d'hôte, où nous dînâmes tous les six, à Pont- Chartrain, le révérend père capucin yous demanda si monsieur le baron de Saint Erbin habitait toujours le château de la Croix - Saint - André V vous lui répondîtes que oui. Vous connaissez donc monsieur le baron de Saint- Erbin ? — Si je le connais , Monsieur ! je lui dois tout , ainsi que mon onclfe, le laboureur Pénon, qui a le bonheur de vous recevoir chez lui dans. ce moment. — Expliquez.-

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vous. — Pardon; mais l'heure, ïe temps, voire situation ne me permettent pas d en dire davantage. Demain, un autre jour, quand vous serea rétabli , je vous apprendrai ce que c'est que cet excellent baron de Saint- Erbin. Je retourne auprès de ma tante, qui, délivrée heureusement* est néanmoins plongée dans une faiblesse inquiétante*

Le militaire laisse Robîneau près de son ami, qu'on a mis au lit dan?

une pièce séparée de celle de l'accouchée j et Dominique , revehp de l'effroi que lui a causée sa chute, s'informe de la santé du b^n Mathieu* Je n'ai rien, moi, lui répondit celuici. Etant tombé sur vous, c'est vous qui avez supporté tout le choc, — Encore vous ! — C'est le respect , mon jeune ami. Je m'en déferai* Conviens aussi que tu as poussé ton cheval...—

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Hélas I citait pour revoir plus tôt mon Adriennel vous voyez comme j'ai réussi. — Patience , cela viendra, ~CeIa viendra, quand? à présent, cette maudite luxation au pied**.. — Luxation n'est* pas le mot ; il n'y a rien de cassé, le pied est seulement démis. — Quand pourrai-je marcher ?

— Quand tu te calmeras , quand tu suivras avec docilité le régime , le mode de guérison qui te sera prescrit; car, jeunes gens que vous êtes, c'est votre tête qui fait le plus de mal à vos pieds! — Ne grondez pas, Robineau, je serai docile; mais il me faut du courage. Oh, Dieui être

\i près d'Adrienne! d'Adrienne, prisonnière d'un tyran ! Elle va m'accuser de froideur, d'insouciance !

— Point du tout ; je lui écrirai. — Me ferez vous ce plaisir-là? tout de suite ? — Attends donc qu'il fasse

jour, que j aie de l'encre, du papier; Puis-je à cette heure déranger ces bonnes gens, qui ont des affaires bien plus sérieuses pour eux que la nôtre ?

Aussi tu as voulu partir de nuit comme un fou ! Je prévoyais cela , moi , ou an moins quelque aventure en route* — Pardon , mon ami , pardon* Je sens me faute; elle est inexcusable! vous pouviez vous tuer, et j'aurais eu non seulement à gémir de votre mort, mais encore à mW»

cuser d'en avoir été 1 auteur...!

Leur hôte Pénon entre*

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