SÉCURITÉ DU CULTIVATEUR
D. Dites-vous que les familles agricoles sont plus stables ?
R. Oui, on trouve parmi la classe agricole les familles les plus stables, celles qui, par exemple, habitent la même terre depuis 200 ans. C’est beau pour un pays jeune comme le nôtre.
D. Quelles sont, croyez-vous, les causes de la «stabilité de ces familles ?
R. C'est l’amour du sol et l'attachement à la terre, conservés dans ces familles, c’est l’application au travail, c'est l'union des membres de ces familles sous l'autorité paternelle toujours respectée, c’est la conviction maintenue d'une génération à l’autre que la vie agricole est la plus sûre et la meilleure. Dans ces familles le luxe n'a pas pénétré, la tempérance a régné, on a méconnu les ex on a pratiqué l'économie, on a su épargner, en un mot la pra- ‘que des plus belles vertus domestiques et chrét‘iennes a été l’ornement et la sauvegarde de ces
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familles. Aussi la stabilité est un titre d’honneur à ces familles.
D. Qu'entendez-vous quand vous dites que les conséquences du travail agricole sont plus durables ?
R. J'entends que tout travail d'amélioration que le cultivateur donne à sa terre ne dure pas seulement un mois, une année, mais qu'il dure indéfiniment. Après des années le sol porter: encore l'empreinte du travail qu'il aura reçu et des sueurs qui l’auront fécondé, et il le prouver: par les récoltes abondantes qu’il donnera er recevant un travail plus facile.
D. Le travail ourrier n'est-il pas aussi durable?
R. Le travail ouvrier est durable en ce sen:
que les matériaux qu'il a une fois transformé: ne changent plus, mais pour l’ouvrier lui-mêmt la valeur de son travail finit chaque jour quan: il reçoit son salaire de chaque jour. Son salairune fois reçu, son travail ne lui rapporte plu: rien. Îl ne recevra rien l’année prochain:
pour le travail exécuté aujourd’hui et dont |: prix lui est payé. Aussi le travail ouvrie:
comme celui des autres hommes est toujours recommencer. Le travail d'aujourd'hui ne rer.
pas plus facile ni plus productif le travail de demain.
D. Est-il certain que les cultivateurs n'ont pas à redouter autant que les autres la rareté des choses nécessaires à la rie F
R. Oui. c'est tout à fait certain. Quand les ouvriers et en général tous les consommateurs se plaignent amèrement de la rareté et des prix élevés des choses nécessaires à la vie, les cultivateurs peuvent avantageusement comparer leur position avec celle des autres classes. Ils ue se plaignent pas et ils ne souffrent pas parce qu'ils produisent eux-mêmes ce qui manque aux autres. Jls utilisent d'abord les fruits de eur travail avant d'offrir aux autres ce qui ne leur est pas nécessaire. Les cultivateurs jouiseut d'une plus grande sécurité que qui que ce