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© Elle serait intéressante à raconter et à lire l’iistoire + ces quelque deux cents families, dont vous êtes ici les uentiques et heureux descendants, sis avaient eu le ps et la facilité d'écrire leurs imégioires ces braves Si leurs mains avaient Su muiuer la pluie cotuine
savaient maiuier ju hache et la charrue, quelies pre-
uses archives Le auraient laissées aux luslorienus de uu
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“ D'ailleurs la terre qu'ils vous ont transmise, après l'avoir fécondée de leurs sueurs, n'est-elle pas le plus beau livre d'histoire que vos mains puisse feuilleter et vos yeux parcourir? Et ce livre, n'est-il pas vrai que vous le lisez avec amour ? que vous le savez par cœur ?
“ La préface en fut écrite par ce vaillant chef de dynastie qui apporta ici, il y a plus de deux siècles, votre nom. votre fortune et votre sang. C'était un breton, un normand, un saintongeois, que sais-je? un français, en tout cas, et un brave, à coup sûr. Avec cet homme et la femme forte qui vint avec lui, ou qu'il trouva sur ces bords, un: famille nouvelle venait fortifier la colonie naissante, civiliser le royaume de Québec, et enrichir d’un sang géncreux et de belles vertus la noble race canadienne-française
‘Et l'histoire commence, palpitante d'intérêt, débordante de vie. Que de fois vous les avez vu repasser dai: votre imagination, ces premiers chapitres, écrits au fil d: la hache, illuminés par de belles flambées d'abatis, et gardant encore aujourd’hui les âcres et fortifiantes senteur. des terres neuves, que déchirent la pioche et la herse, et 01 germent les premières moissons. Ce sont les années rude: mais combien fructueuses, des premiers défrichement: c'est la glorieuse épopée de la terre qui naît, de la civilisation qui trace pied à pied son lumineux sillon à trave-: l'inculte sauvagerie des hommes et des bois. Chaque cou: de hache, alors, est une belle et patriotique action ; chaqu: arbre qui tombe est un ennemi vaincu : chaque sueur G:: arrose le sol est une semence féconde. Et comme elle ét: : simple et bonne la vie de ces héroïques pionniers ! La m:son — la première qui orna le champ où s’élèvent aujou’d'hui vos confortables demeures — dressait au bord
i abatis, Sa rudimentaire Charpente de bois rond, domin: :
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à peine les souches avoisinantes ; de son seuil rustique, la femme et les enfants pouvaient voir le colon conduire ses bêtes et sa charrue, faire le geste sublime du semeur, ou moissonner à l'automne les fruits que la terre et Dieu donnaient à son travail. Leurs yeux s’emplissaient de ce doux spectacle, et dans le cœur des tout jeunes grandissait le désir, j'allais dire la passion de devenir eux aussi, un jour, des ‘ faiseurs de terre ‘’ et des faucheurs de moissons.
‘ On ne connaissait guëre, sous ces rudes lambris, les envies prétentieuses et les exigences malsaines. La forêt toute voisine, qui bornait l'horizon, bornait aussi les désirs. Le fils s'attachait à ce sol qui prenait toutes les énergies et où semblaient germer toutes les espérances de son père.
‘“Reculer chaque année les limites de cet empire naissant, arracher à la forêt les trésors de vie qu'elle cache,
pour que le terre nourricière suffise aux générations qui grandissent ; telle est la saine et forte ambition qui travaillait ces cœurs simples et ces esprits robustes.
“ En vérité, il est beau ce premier cha:mp de l'épopée fazihale et de la terre paternelle ‘ Nulle part vous ne saunez trouver C'aussi utiles enseignements ui d'aussi nobles
\eçons
” Puis ie livre se continue : chaque chapitre ajoute un 20: à le série des générations, un anneau à cette chaîne vente qui se fortifie en s'allougeant, parce qu'elle reste au- “++ au même sol. Pendant que l'abatis entame chaque tuée la forêt qui cède et qui fuit à l'horizon, de beaux Lemps étalent au soleil leur verdovant tapis, où lu charse promène, lente, majestueuse, conquérante, traçant
L sillon droit et lisse. Le colon u vaincu, la terre est sourise, et livre plus volontiers ses richesses. Lu vie toujours pie et austère, devient plus calme et plus facile C'est
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l'histoire des générations qui vous ont précéd de cet aïeul vénérable que vous avez v berceau ; dont les récits ont charmé fant, et dont la v vivantes
és, l'histoire u penché sur votre votre oreille d'enerte et toujours active vieillesse gardait si
sous vos yeux les souvenirs et les traditions des Ages disparus.
“Et ce livre poursuit ainsi ses chapitres jusqu'à la page à moitié blanche que vous êtes en train d'écrire vousmêmes. Je suis bien sûr, que vous vous appliquez à ne pas trahir un si glorieux passé, et que le chapitre écrit ou vécu par vous sera digne en tous points des chapitres précédents. Si vous avez tant à cœur de laisser à la terre ancestrale un nom qui l'honore, c'est que vous voulez pour elle des maîtres qui la travaillent avec amour et respect Vous sentez qu'elle est bonne et bienfaisante la terre qui « nourri vos aïleux. Elle est en quelque sorte consacrée par les labeurs, les souffrances, les vertus et les mérites de: nombreuses générations qui vous l'ont gardée. L'âme de ces vaillants a laissé quelque chose d'elle-même aux arbre: de vos forêts, aux sillons de vos champs, aux ruisseaux de vos plaines. Bon sang ne saurait mentir et noblesse oblige Gardez donc, avec le culte du sol natal, la fidélité aux trsditions et aux vertus qu'il vous prêche.
“Soyez simples dans vos goûts et modérés dans vos de. sirs. Évitez le luxe qui dévore la terre et ruine les hér:.
tages. Ne vous créez pas ces besoins factices, ces exige:-
ces de fantaisie qui ouvrent partout des fissures par où se
perdent les fruits de l'épargne, vous souvenant que la r
chesse est faite non pas tant de ce que l’on gagne que de ce que l’on économise. Travaillez avec énergie et perséverance ; la terre devient stérile sous les pas du paresseux
Sachez le prix du temps, et n'en gaspillez aucune parcelle
stoire votre d'enait si s des
page ousà ne it ou prée anpour pect qui #4 par des e de bres x de lige tra-
de-
le temps se venge terriblement de ceux qui ne lui font pas l'honneur de l'utiliser.
“ Soyez sobres, aussi. L'intempérance est le fléau du sol. C'est le mal de presque toutes les terres qui meurent.
Soyez catholiques croyants et pratiquants. La foi simple et robuste forme la plus belle portion de votre héritage. Vos terres sont riches plus encore des bénédictions de Dieu que du labeur des hommes. Prenez garde de détourner le cours de ses bienfaisantes bénédictions. Aimez par dessus tout votre Père qui est aux cieux : recevez avec reconnaissance de ses mains le pain de chaque jour ; faites sur terre së sainte volonté, et cherchez d'abord à bériter son roysume.
“ Enfin, ayez à cœur d'élever sur ce so] des enfants qui s Y attachent, qui soient capables de recueillir votre héritége et de gardersans tache votre beau blason familial”.
Paroles de Moxsxicxeue P.-E. Roy, archevéque de Séfume, QUI représentants des familles qui occupaient la même itrre depuis deux cents ans.