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Petit catechisme electoral, a l'usage du peuple

Réponse : C'est le droit que possèdent les citoyens qualifiés de désigner par leur vote les représentants du peuple au Parlement.

Demande : Qui leur accorde ce droit ? RÉPONSE : La Constitution d'un pays.

Explication : Le droit de vote est donc une faculté légale, et non pas un droit de nature, c'est-à dire un privilège que l'on apporte en naissant. Si c'était un droit naturel, il aurait existé en fait à toutes les époques et dans tous les pays de l'univers. Au contraire, des peuples nombreux vécurent jusqu'aujourd'hui sans le privilège du vote.

D. Ce droit de vote est-il d'une grande importance ?

R. Oui, c'est un privilège redoutable, offrant à la fois de sérieux avantages et de réels dangers.

D. Quels sont ces avantages ?

R. En résumé, le citoyen électeur peut, par son rote personnel et son influence sur d'autres votants, contribuer au choix d'une honnête députation et aux saints mesures d'administration publique ; comme il peut s'opposer au choix de candidats indignes et aux scandales, aux injustices et aux tyrannies du pouvoir.

D. Et quels sont ces dangers ?

R. Le danger principal vient de ce que l'électeur n'est pas toujours suffisamment préparé à son rôle, et qu'un vote dicté par l'ignorance, le préjugé, l'intérêt, la passion, compte autant, pour le résultat final, qu'un vote intelligent, libre et honnête.

Exp. Il faut en conclure que la vérité et la justice n'accompagnent pas nécessairement la pluralité des voix. On peut donc discuter à l'intini sur les bienfaits et méfaits du système électoral. Ce qu'il importe de noter, c'est que le peuple soumis à ce régime reçoit plus d'obligations et de responsabilités que le peuple des temps monarchiques. Autrefois, un individu de conduite exemplaire dans sa vie privée était à peu près quitte envers la société. Aujourd'hui, il ne suffit plus d'être bon père et bon époux, il faut être bon citoyen. Se passe- 1- il une année sans qu'un homme soit appelé à quitter sa demeure, pour poser au grand jour un acte honorable ou avilissant pour lui-même, profitable ou désastreux pour la municipalité, le comté, la province ou le pays tout entier ?

D. Que suit-il de là ?

R. De là il suit qu'on doit nécessairement, et par tous les moyens possibles, instruire le peuple de ses devoirs et responsabilités en matière de scrutin.

D. A qui revient cette tâche ?

R. A tous les éducateurs du peuple, mais en premier lieu au Souverain Pontife, aux évêques et aux prêtres.

Exp. " Le Pape doit ordonner et diriger les actions des citoyens chrétiens en vue de la réalisation de leur salut éternel... Immédiatement après le Pontife Romain, et sous sa direction, le gouvernement des intérêts religieux et moraux de la chrétienté appartient aux évêques. Comme chacun d'eux est préposé à la conduite d'une église particulière, ils sont, dit saint Thomas, "les ouvriers principaux dans la construction de l'édifice spirituel ", et ils ont les membres du clergé pour partager leurs travaux et exécuter leurs décisions. " (Léon XIII)

D. La religion est- elle intéressée dans une élee* tion politique ?

R. Oui, souvent, soit à cause des candidats en présence, soit à cause des questions à Tordre du jour»

D. La morale y est-elle intéressée ?

R. Oui, toujours, à cause des méthodes, bonnes ou mauvaises, mises en œuvre pour gagner le suffrage' populaire.

Exp. On sait qu'une campagne électorale est généralement la source de nombreux désordres. On dirait qu'à cette occasion, la conscience publique baisse d'un degré, ou même qu'elle n'existe plus. Tout ce qui, en temps ordinaire, est considéré comme un véritable excès : l'injure, la médisance, la calomnie, l'incursion dans la vie privée, l'intimidation, le vol, le chantage, l'achat des consciences, le parjure même, paraît légitime ou tolérable en temps d'élection. On ne voit plus qu'un but, la victoire, et pour y atteindre, tous les moyens sont bons. Mais la morale catholique n'a pas été instituée pour les jours de tranquillité publique seulement. Elle est le seul frein efficace aux passiens humaines. Si donc ses commandements doivent sonner haut et fort, n'est-ce pas à travers le bruit des batailles électorales? Si le côté purement politique des débats doit laisser le prêtre assez indifférent, leur côté moral doit le préoccuper sans cesse, depuis le premier coup de feu de la campagne, jusqu'à la déposition des armes, comme aussi durant les périodes de calme, lorsque les esprits pacifiés paraissent mieux enclins à recevoir l'enseignement évangélique.

D. Quels sont les auxiliaires des évêques et des prêtres dans l'éducation civique d'un peuple ?

R. Les parents à domicile, les professeurs dans les écoles, collèges ou universités, et surtout les journalistes catholiques doivent seconder sous ce rapj ort l'action religieuse et morale du clergé.

Exp. " On doit bien se garder de croire qu'il soit interdit aux particuliers de coopérer d'une certaine manièie à

l'apostolat social du clergé, surtout s'il s'agit des hommes à qui Dieu a départi les dons de l'intelligence avec le désir de se rendre utiles Toutes les fois que les circonstances l'exigent, ceux-là peuvent aisément, non certes s'arroger la mission des docteurs, mais communiquer aux autres ce qu'ils ont reçu eux-mêmes... Nous exhortons spécialement les pères de famille à régler d'après les préceptes de la morale civique le gouvernement de leur maison et la première éducation de leurs enfants. La famille est le berceau de la société et c'est en grande partie dans l'enceinte du foyer domestique que se prépare la destinée des États. "

(Léon XIII)

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